NBA : Enes Kanter, un avenir en politique ?

Reuters
Dans sa neuvième saison NBA, Enes Kanter a découvert l’été dernier une cinquième franchise en rejoignant les Celtics. Et depuis ses deux premières années à Utah, il n’avait jamais affiché un temps de jeu moyen aussi faible (17.5 minutes/match) ni marqué aussi peu (8.2 points). L’intérieur turc de 28 ans est un "role player", à qui l’on demande principalement de scorer et de prendre des rebonds (7.7 par match), mais dont la défense a longtemps été raillée. Sauf qu’il a montré lors des derniers play-offs, avec Portland, qu’il était loin d’être ridicule dans ce domaine, face à certains des meilleurs intérieurs de la conférence Ouest.

Dans la "bulle" de Disney World, où la saison doit redémarrer le 30 juillet, Boston comptera d’ailleurs sur son expérience en sortie de banc. Une reprise dans un climat très particulier, alors que les Etats-Unis traversent une crise sanitaire et sociale. Et Kanter, qui ne devrait pas manquer de faire entendre sa voix en Floride, souhaiterait que les autres joueurs NBA s’expriment également. "Le monde entier va vous regarder. Vous pouvez avoir un impact majeur. Vous aurez tous les micros devant vous, et vous pourrez faire passer votre message. Que ce soit sur "Black Lives Matter", la liberté, la justice, la démocratie…", a-t-il ainsi lâché dans son podcast.


Ami avec plusieurs sénateurs

Et si le numéro 3 draft 2011, où il avait été sélectionné loin devant Klay Thompson (11e), Kawhi Leonard (15e) ou encore Jimmy Butler (30e), s’accomplissait encore plus dans un autre domaine, celui de la politique ? A priori, cela ne se fera pas tout de suite dans le pays où il a grandi. Car les autorités turques ont retiré en 2017 son passeport à Kanter, très critique envers le président Recep Tayyip Erdogan. Ce soutien de l'opposant Fethullah Gülen est accusé d'appartenir à une "organisation terroriste" et il a aussi fait l’objet d’un mandat d’arrêt international.

Mais en juin 2021, Enes Kanter deviendra officiellement citoyen américain. Ce qui lui donne des idées. "Je parle à beaucoup de membres du congrès. Et je me dis : mais pourquoi je n’en deviendrais pas un ?", confie-t-il à The Hill. Il s'est ainsi lié d'amitié avec plusieurs sénateurs, issus des Etats où il a joué durant sa carrière. Et il a aussi posé avec Elizabeth Warren, ex-candidate à la primaire démocrate, et offert un maillot des Celtics à Joe Biden, qui va tenter de succéder à Donald Trump lors des prochaines élections présidentielles. Il a déjà tout d’un politique…