Gobert : « Quand tu sais que ça va impacter les jeunes... »

Dans le cadre de l'action solidaire « Change le game » lancée en décembre dernier par Yop, et fruit du partenariat entre la marque et la Rudy's Kids Foundation, les contres réussis par Rudy Gobert à domicile avec Utah (109) ont permis à Yop de reverser 54 500 euros (500 euros par contre réussi par "Gobzilla") à la Rudy's Kids Foundation et, par extension, pour le secours populaire. Le récent vice-champion olympique avec les Bleus revient pour nous sur ce plaisir d'avoir pu contribuer à favoriser le destin de nombreux jeunes. Dans cette première partie de l'entretien, il évoque également cette détermination de tous les instants qui lui a permis d'en être là aujourd'hui, et de se bâtir un palmarès toujours plus impressionnant.

Quel est votre regard sur le dispositif "Change le game" lancé par Yop en décembre dernier et qui a permis de récolter la somme de 54 500€ pour la Rudy's Kids Foundation et, par extension, au Secours Populaire ?
C'est incroyable ! Yop a accepté de mettre en place ce dispositif pour la fondation et pour aider les jeunes dans le besoin. C'est juste incroyable, je suis vraiment content que l'on ait pu le faire. D'ailleurs, merci à Yop pour la confiance. Je me suis démené pour  faire en sorte que cette somme puisse augmenter, mais, au final, 54 500€ qui vont aller pour les villages "copains du monde" et les jeunes qui ne peuvent pas partir en vacances, c'est incroyable. Ca motive, on espère que ça va avoir un gros impact sur les jeunes.

Vous dites que vous vous êtes démené. Doit-on comprendre que vous étiez habité d'une envie encore plus particulière et plus intense qu'à l'habitude de multiplier les contres ?
Disons que quand tu sais que c'est pour une bonne cause, il y a une motivation différente par rapport à la simple motivation de compétiteur. Quand tu sais que ça va impacter des vies, des jeunes et que ça va sûrement impacter leur futur - parce que le but avec la Rudy's Kid Foundation est de pouvoir inspirer les jeunes et de faire en sorte que les jeunes puissent se dire qu'ils peuvent être ce qu'ils ont envie d'être. C'est pour ça qu'on le fait et pour ça que je remercie Yop pour cette initiative.

Aviez-vous vraiment cet objectif de réussir le plus de contres possibles en tête ? Parce que l' on sait que vous n'avez pas besoin de beaucoup de motivation pour aller contrer... Vous ne nous contredirez pas.
Clairement, le contre ça fait partie des choses dans lesquelles je suis plutôt bon. Après, encore une fois, après les matchs quand tu sais que tu as fait quatre ou cinq contres et que ça va permettre d'impacter positivement des jeunes, c'est un bon feeling. Et ça donne envie d'en faire encore plus le match d'après.

Qu'est-ce qui est le plus difficile dans ce geste du contre qui vous est à vous pourtant si familier ?
C'est tout. Le contre, c'est l'anticipation. Il y a des contres où tu dois monter très haut, d'autres un peu moins. Même si c'est un geste qui peut paraître facile, il faut avoir un bon timing et une bonne anticipation. Quand tu réussis un contre, ça change le momentum de l'action, mais ça peut souvent aussi changer le momentum du match parce que, psychologiquement, le joueur qui pensait qu'il avait un tir, qui essaye de tirer, et que, finalement, tu contres, en général, l'action d'après, il va y réfléchir à deux fois.


Gobert : "Je n'ai jamais douté"
















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Les contres exceptés, vous arrive-t-il encore d'être impressionné par vos performances ?
Je me dis toujours que je peux faire mieux, et donc au final, bien sûr que j'essaye d'apprécier les performances, mais tu fais toujours des erreurs à chaque match, donc j'essaye toujours de me poser sur les choses que je peux améliorer.

Si l'on se pose quelques secondes sur votre palmarès : triple meilleur défenseur NBA de l'année, deux participations au All-Star Game, maintenant vice-champion olympique et retenu dans le cinq majeur des JO, et, accessoirement sportif français le mieux payé, ça a quand même de la gueule, vous ne trouvez pas ?
C'est vrai que je n'aurais jamais imaginé tout ça il y a dix-huit ans quand j'ai commencé le basket à 11 ans et demi, c'est vrai que le petit de Saint-Quentin, il n'imaginait pas tout ça. Mais voilà avec le travail, la passion, la détermination et l'aide que tous les gens autour de moi m'ont apportée et tous les entraîneurs que j'ai eus et les gens qui m'ont accompagné au fil du temps, et bien sûr ma famille, tout est possible. Mais je n'ai jamais eu peur de rêver, jamais eu peur d'avoir des objectifs élevés et jamais eu peur de faire le travail nécessaire pour essayer de les réaliser. C'est un travail de longue durée. Quand je regarde en arrière, il y a une satisfaction, mais je me dis que ça ne fait que commencer. J'ai 29 ans, mais j'ai vraiment l'impression que le meilleur reste à venir.

Qu'est-ce qui vous fait le plus plaisir parmi toutes les distinctions évoquées plus tôt ?
(Il réfléchit quelques secondes, hésitant). Déjà, ce qui me fait le plus plaisir, c'est la médaille aux Jeux Olympiques, même si ce n'est pas la médaille d'or. C'est un rêve depuis tout petit. Dès j'ai commencé à regarder l'équipe de France, je me suis dit qu'un jour, je voudrais avoir cette médaille olympique, et aujourd'hui on a pu réussir ça et ce sera pour toujours. Après, ce qui me rend fier, c'est quand je regarde de là où je suis parti. Très peu de gens croyaient en moi, je me suis même surpassé. Quand j'étais petit, je rêvais d'aller en NBA et quand je suis arrivé en NBA, je rêvais d'aller aux Jeux Olympiques, et maintenant... Mes objectifs continuent d'être de plus en plus haut, c'est une fierté et aussi une chance.

Y avez-vous toujours cru en dépit des critiques vous concernant, et ce dès votre plus jeune âge ?
Oui, j'y ai toujours cru. En plus, j'ai toujours voulu faire l'opposé de ce que les gens me disaient (rires). Et comme les gens me disaient que je n'y arriverais pas, au final, j'ai travaillé dur pour y arriver. Je n'ai jamais perdu la flamme, je n'ai jamais douté, j'ai eu beaucoup de déception et beaucoup de moments difficiles, mais j'ai toujours utilisé ces moments pour revenir plus fort et travailler encore plus dur. Et je n'ai jamais abandonné.

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