Après l'échec européen, l'OM au bord du gouffre

Panoramic

Regrets et vertige

La C4 ne fait sans doute pas énormément rêver mais dans une épreuve à son échelle, l'Olympique de Marseille a au moins eu le mérite de ne pas faire la fine bouche, ce que le football français de clubs peut difficilement se permettre, et a joué le coup à fond. La déception était donc réelle jeudi soir dans les rangs marseillais après huit jours difficiles, marqués par deux défaites, à Rotterdam (3-2) et contre Lyon (3-0), et par l'inutile match nul de jeudi (0-0). "Après la déception, il faut enchaîner. Il y a une deuxième place à aller chercher en championnat et ça ne va pas être facile", a réagi le capitaine Steve Mandanda. Présent jeudi au Vélodrome, le propriétaire de l'OM Frank McCourt connaissait certainement les chiffres diffusés dans la journée par la DNCG, gendarme financier du foot français: Marseille a perdu plus de 75 millions d'euros en 2020-2021 et a besoin de la lucrative Ligue des champions.

A trois journées du terme, l'OM est deuxième et a le bon ticket. Mais derrière, Rennes et Monaco ne sont qu'à trois points et leur dynamique est bien plus favorable que celle de l'OM, manifestement à bout de souffle. La blessure de Dimitri Payet n'arrange rien et c'est vraisemblablement sans son N.10 que l'OM va devoir rebondir dimanche à Lorient. Un succès semble indispensable alors que l'OM devra ensuite affronter Rennes et Strasbourg, deux candidats à l'Europe voire à la C1, pour boucler la saison.

Jambes lourdes et pieds carrés

Le match de jeudi a confirmé ce que l'on pressentait depuis quelques semaines: l'OM n'a plus grand-chose dans le réservoir et le sprint final est pénible pour certains. Outre Payet, d'autres joueurs tirent la langue et ce sont tous des éléments essentiels du groupe de Jorge Sampaoli. Utilisé lors de tous les matches de la saison, Mattéo Guendouzi a perdu explosivité et lucidité et vient d'enchaîner plusieurs performances décevantes. Le constat vaut aussi, à un degré moindre, pour William Saliba, moins rayonnant qu'à l'hiver. Même Gerson a manqué d'impact jeudi et Cengiz Under est nettement rentré dans le rang après six premiers mois marseillais très réussis.

Mais le principal problème marseillais est devant. Jeudi, les trois attaquants de l'OM, Dieng, Milik et Bakambu, ont été terriblement faibles, enchaînant les erreurs techniques grossières et les mauvais choix. Sans Payet et alors que Marseille n'a pas marqué lors des deux derniers matches, ils vont pourtant devoir prendre plus de responsabilités sur les trois dernières journées de L1 et retrouver un minimum d'efficacité. 

Sampaoli et l'excès de contrôle

La responsabilité de Sampaoli dans les difficultés offensives de l'OM est forcément engagée. Le technicien argentin a donné un vrai style à son équipe mais son obsession pour le "contrôle" l'a sans doute aussi privée de la folie et de l'audace dont elle aurait eu besoin jeudi. Alors que le Vélodrome était brûlant et ne demandait qu'à exploser, l'OM n'a pas pris la vague et Feyenoord a finalement assez facilement résisté, ne concédant qu'une poignée d'occasions, pas particulièrement nettes. Sampaoli reste néanmoins en position de force et le président du club, Pablo Longoria, a confirmé jeudi sur Europe 1 qu'il voulait lui donner "de la continuité".

Une prolongation de contrat est donc une possibilité, mais le bilan de la saison marseillaise ne pourra se faire que le 21 mai, au soir de la 38e journée. De la deuxième place synonyme de Ligue des champions à une improbable 6e place aux airs de fiasco absolu, l'éventail est large.

Sampaoli : "L'équipe a fait tout ce qu'elle a pu"


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