Ligue des nations: la nouvelle Espagne en re-conquête

reuters

"Il n'y aura pas de révolution, c'est un mot que je n'aime pas. Bien sûr il doit y avoir une certaine évolution, il y aura des changements", avait posé Luis Enrique lors de sa présentation comme sélectionneur en juillet 2018. L'ancien joueur du Real Madrid et de Barcelone venait de récupérer une sélection au plus bas, après les fiascos de la Coupe du monde 2018 en Russie et de l'Euro-2016 en France (élimination à chaque fois en 8e de finale). 

Alors dès sa sa première liste, il avait laissé chez eux des figures comme le milieu de l'Atlético Koke ou le latéral du Barça Jordi Alba. Son mantra, la méritocratie: "qui le mérite ira en sélection". Luis Enrique a ainsi fait débuté une douzaine de joueurs, qui avaient grandi naturellement dans les équipes de jeunes de la Roja, destinés à prendre la relève.

"Nouveaux rêves"

"Les Xavi, Iniesta, Xabi (Alonso), Puyol, Villa ou Torres forment un magnifique souvenir, mais pas un miroir dans lequel il faut toujours se regarder. Cette Espagne avait besoin de nouveaux rêves auxquels s'accrocher", a écrit le journal As. Bien sûr, l'inaltérable Sergio Ramos (174 sélections, 23 buts) en défense et Sergio Busquets au coeur du jeu résistent. Mais autour d'eux, le sélectionneur a récemment lancé une horde de jeunes face à l'Allemagne (1-1), l'Ukraine (4-0), le Portugal (0-0) et la Suisse (1-0).

En plus du phénomène Ansu Fati (17 ans), Eric Garcia (19), Pau Torres (23), Sergio Reguilón (23), Ferran Torres (20) et Adama Traoré (24) semblent pouvoir s'installer dans la durée. "Adama, comme Reguilón, Eric Garcia, Mikel Merino, Ansu Fati, Ferran Torres... c'est le présent, pas le futur. La nouvelle équipe doit se construire autour d'eux et Luis Enrique le sait", a estimé le quotidien Marca. Évidemment, le sélectionneur connait le potentiel de ces jeunes: "Il y a beaucoup de jeunes joueurs avec une capacité naturelle et innée pour jouer au football professionnel et notre objectif est qu'ils soient de nombreuses années en sélection".

Rupture

Au-delà des acteurs, Luis Enrique montre qu'il est aussi capable de changer le scénario d'un match, en abandonnant s'il le faut le jeu de longue possession, le "tiki-taka" qui a porté la Roja au sommet avant de devenir redondant, pour un jeu plus direct et vertical. Dans cette optique de rupture, Fati et Traoré ont le profil idoine de dynamiteurs capables d'exploser le verrou d'une rencontre fermée, même s'ils ne l'ont pas montré lors du dernier match face aux Suisses. "Je suis ravi de l'équipe que j'ai, avec les multiples possibilités que me donnent des joueurs différents, pour pouvoir utiliser différents systèmes et différentes manières de jouer", avait indiqué Luis Enrique vendredi, même s'il est clair que l'objectif de l'Espagne est toujours d'être "protagoniste avec le ballon". 

Pour le moment les résultats offrent du crédit à l'ancien entraîneur du FC Barcelone: avec deux victoires et un nul, la Roja est première de son groupe en Ligue des nations devant l'Allemagne. De bon augure avant l'Euro à l'été prochain, l'occasion pour cette sélection d'écrire, enfin, une nouvelle page de son histoire.

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