Joachim Löw, l’incroyable longévité

Un règne qui dure. Nommé sélectionneur de l’Allemagne après la Coupe du monde 2006, Joachim Löw s’assoira sur le banc de la Mannschaft pour la 182e fois jeudi soir à Stuttgart (20h45), à l’occasion d’un choc contre l’Espagne en ouverture de la Ligue des Nations. "J'admire Joachim Löw pour être resté en charge de la sélection allemande pendant si longtemps. C'est tout sauf une évidence de nos jours. A mes yeux, il est l'un des plus grands du monde du football", salue Vicente del Bosque dans les colonnes du Münchner Merkur.

Pour l’ancien sélectionneur espagnol, la grande force du football allemand est que les responsables des clubs et de l'équipe nationale "comptent sur la continuité, même dans les moments les plus difficiles. Ce n'est qu'avec un concept clair et les bonnes personnes que quelque chose de durable peut être développé. Et il n'y a personne de mieux que Löw pour faire avancer cette philosophie. 

Ancien adjoint de Klinsmann 


Une philosophie que Löw s’efforce de mettre en place depuis 14 ans. Avec des résultats : une Coupe du monde (2014), après avoir fini troisième en 2010, une Coupe des confédérations (2017), et une finale à l’Euro, en 2008.

S’il avait goûté aux Espoirs durant sa carrière de joueur, cet ancien milieu de terrain offensif passé par Fribourg, Stuttgart, Francfort ou encore Karlsruhe, avant de terminer sa carrière en Suisse, a découvert la Mannschaft en juillet 2004, en tant qu’adjoint de Jürgen Klinsmann. Ce dernier avait été nommé en remplacement de Rudi Völler suite à l’échec de l’Euro 2004, marqué par une élimination dès la phase de poules. Deux ans plus tard, les Allemands sortiront en demi-finales de "leur" Mondial face à l’Italie, avant de décrocher la troisième place contre le Portugal.  

Werner : "Une équipe très jeune" 


A la surprise générale, Klinsmann refusait alors de prolonger son contrat, et c’est Löw qui allait donc prendre les rênes de l’équipe à l’été 2006. En continuant avec la même philosophie, basée sur un football offensif, et en lançant des jeunes.

Des jeunes qui ont ensuite vieilli, et il a ensuite été reproché à Löw de trop s’accrocher à des cadres vieillissants. Surtout en 2018, après l’élimination dès le premier tour du Mondial russe et la descente en Ligue B des Nations. Une année où il s’est offert un bien triste record, avec un total de six défaites. Du jamais-vu.

Contesté, "Jogi", sous contrat jusqu’en 2022, a dû, et su, se réinventer, en faisant notamment confiance à des jeunes éléments comme Leroy Sané, Timo Werner ou encore Serge Gnabry. Dans l’effectif actuel, il ne reste d’ailleurs que trois champions du monde 2014 (Toni Kroos, Julian Draxler et Matthias Ginter), même si Löw a laissé au repos la plupart des joueurs du Bayern Munich, récents vainqueurs de la Ligue des champions face au PSG, et qu’il n’appelle plus Thomas Müller ni Jérôme Boateng. "Nous avons une équipe très jeune avec de nombreux joueurs qui se connaissent depuis les équipes de jeunes ou qui sont passés par le même club. Et c’est bon pour l'équipe", salue Werner, l’un des fers de lance de cette nouvelle génération.