Draxler, le Giroud de la Mannschaft

Julian Draxler a beau ne s’être jamais imposé au PSG, où il est de plus en plus difficile pour lui de se faire une place, le milieu offensif allemand reste un cadre de Joachim Löw avec la Mannschaft. "C’est une valeur sûre, à tel point qu’il a été capitaine la semaine dernière contre la Turquie, rappelle Patrick Guillou. Sur le terrain, il guide les plus jeunes comme Florian Neuhaus, de Mönchengladbach. Il a marqué, et c’est aussi un des seuls à avoir joué contre l’Ukraine, alors qu’il y a eu beaucoup de roulement avec les joueurs du Bayern et de Leipzig concernés par la Ligue des Champions."

Draxler est appelé en équipe d’Allemagne depuis 2012. Il est champion du monde, même s’il n’a disputé que quatorze petites minutes de la fameuse demi-finale contre le Brésil (7-1), et a donc participé aux trois dernières grandes compétitions (Mondial 2014, Euro 2016, Mondial 2018) tout en étant désigné meilleur joueur de la Coupe des Confédérations gagnée en 2017 – où il était également capitaine.


Ses années de 2015 à 2018 ont clairement été les plus fastes, avec à chaque fois une dizaine de sélections par saison, mais il est parti pour faire encore plus fort, avec une probable cinquième cape d’affilée en un mois dès mardi soir. C’est le quatrième dinosaure derrière Manuel Neuer, Toni Kroos (qui ont débuté en 2010) et Ilkay Gundogan (2011). "Même à 27 ans, on parle toujours de potentiel pour lui, poursuit notre spécialiste du football allemand. Ses qualités sont connues et reconnues. La Mannschaft est sa bouffée d’oxygène." Son sélectionneur vient encore de souligner son "talent" au début du rassemblement (en conférence de presse).

Pour autant, l’Euro n’est pas une garantie pour lui. A la manière de Didier Deschamps avec Giroud, "Löw l’a mis sous pression, il a dit que son temps de jeu devait être plus conséquent, conclut Patrick Guillou. Mais il fera au moins ses 30 matchs au PSG, déjà ça va tourner jusqu’en décembre, il y a pas mal de rencontres avec des échéances très rapprochées. Löw aime sa polyvalence, il peut jouer à tous les postes du milieu. Plus bas, plus haut, sur un côté… C’est un relais." Thomas Tuchel a visiblement su être rassurant, et il n’est pas impossible que le coach parisien ait échangé directement quelques mots avec son proche collègue.