Sofiane Boufal, le fer de lance d'Angers rêve de la CAN

Reuters

Boufal, c'est l'enfant du pays, entré à 10 ans au SCO d'Angers avant de gravir tous les échelons jusqu'aux professionnels, alors en Ligue 2, d'exploser en Ligue 1 à Lille (2015-2016) et de partir à la conquête de la planète foot. Malgré quelques faits d'armes, le virevoltant attaquant (28 ans) n'avait pas réussi à s'imposer ni en Premier League à Southampton, ni en Liga au Celta Vigo. Au point d'accepter la proposition du président Saïd Chabane, avec lequel il était resté proche, de revenir se relancer à la maison, dans un club désormais installé dans l'élite.

Débarqué en toute fin de mercato début octobre 2020, sans préparation physique, il avait montré de bonnes dispositions, mais les jambes ne suivaient pas. Résultat: une première blessure à la cuisse en décembre, une autre au genou au printemps et un maigre bilan d'un but et 15 matches disputés. Mais après des soins et un programme de remise en forme à l'étranger, une préparation estivale complète à Angers, il est revenu enfin en forme.

"Perdu beaucoup de kilos"

A l'image de l'équipe, il a commencé la saison en boulet de canon, avec deux buts en août et un jeu percutant qui a maintenu Angers plusieurs semaines sur le podium de L1. "Je me sens très bien", a-t-il assuré. "Je suis vraiment concentré, j'ai perdu beaucoup de kilos. Je suis +fit+ comme je ne l'ai jamais été."

Repositionné plus haut que la saison dernière, souvent à la pointe de l'attaque avec le jeune Mohamed-Ali Cho, il est l'un des principaux animateurs offensifs du groupe, toujours disponible, impliqué sur la quasi-totalité des actions dangereuses. Comme lors de sa grande saison à Lille, il fait partie des meilleurs dribbleurs de Ligue 1.  

Mais il manque encore de réussite, et faute de nouveau but depuis août, il s'est permis de chiper à Thomas Mangani, le tireur officiel d'Angers, un penalty contre Nice fin octobre pour relancer son compteur. Un geste individualiste autant qu'une prise de responsabilité assumée: en mars, il avait déjà grillé la priorité à Mangani... et avait raté son tir. 

1er but avec le Maroc

Ce qui ne l'empêche pas d'être à l'écoute d'un club financièrement aux abois. Cet été, Chabana a révélé que Boufal avait accepté de baisser son salaire afin de faire valider les contrats de trois coéquipiers, bloqués par l'encadrement de la masse salariale.

Du côté des Lions de l'Atlas, son regain de forme n'est pas passé inaperçu. 

Après des débuts prometteurs en sélection en 2016, il n'avait été rappelé que de manière sporadique.

Absent lors du Mondial-2018, il était remplaçant lors de la CAN-2019, où il a été l'un des tireurs malheureux lors de l'élimination en 8e de finale par le Bénin.

Mais depuis septembre, il est entré en jeu lors des six matches -- et six victoires -- en qualification pour le Mondial-2022, s'offrant même son premier but sous le maillot marocain en octobre contre la Guinée (4-1). 

A quelques semaines du coup d'envoi de la CAN en janvier, puis des barrages du Mondial-2022 en zone Afrique en mars, Sofiane Boufal n'a pas encore gagné sa place de titulaire. Mais le voilà bien installé dans le groupe du sélectionneur Vahid Halilhodzic.


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