Ligue 1 : Les Paris de Jean-Louis Gasset

NICOLAS TUCAT / AFP

Son premier Paris

(Adjoint de Luis Fernandez de 2001 à 2003)

"Je l'oublie des fois Luis, il m'en a fait un petit reproche un jour et il a tout à fait raison", rappelle Gasset. "C'est lui qui est venu me chercher pour être son adjoint et pour connaître le haut niveau". Jusque-là, l'Héraultais avait appris le métier "en famille" à Montpellier comme adjoint de Michel Mézy, Gérard Gili et Henryk Kasperczak, avant de voler de ses propres ailes pendant deux ans et demi, au MHSC puis à Caen. A Paris, "j'ai eu la chance avec Luis d'entraîner Ronaldinho, Anelka, Okocha, Pochettino, Heinze. C'est le début de ma carrière dans le haut niveau. On jouait la Ligue Europa mais c'était pareil: la pression à Paris est terrible, vous êtes obligés de gagner tous les matches."

Gasset

Son second Paris

(adjoint de Laurent Blanc de 2013 à 2016)

Dix ans plus tard, Gasset retrouve le PSG aux côtés de Blanc, un duo auréolé d'un titre de champion avec Bordeaux (2009) et d'un passage en Bleu post-Knysna. "Avec Laurent, c'est la même chose avec la Ligue des champions en plus, et des joueurs très haut de gamme. C'était un plaisir, un autre métier. Quand vous entraînez une équipe de stars, vous n'avez pas le droit à l'erreur sur un entraînement, un dosage d'entraînement, des exercices. Il faut savoir ce qu'ils ont envie de faire, ce qu'ils peuvent faire sans risque et bien préparer le match. Et comme vous jouez toutes les 72 heures, vous n'avez pas trop le temps de récupérer. Comme numéro 2, on a un truc spécial niveau relationnel avec chaque joueur mais ce n'est pas nous qui faisons l'équipe. Donc avec nous, ils sont toujours sympathiques".

 

Paris-City, sa cicatrice

"A Paris, la moindre erreur, elle vous restera toute la vie". A l'évocation de Manchester City (élimination en quarts de finale de la C1 en 2016, avec le choix d'une défense à cinq inédite), Gasset a reconnu que "ça reste un point noir, obligatoirement". "Les gens ne se rappellent pas pourquoi Laurent avait changé de système ce jour-là. Il a dû coacher 200 matches en 3 ans (173 matches en fait) et dans 199 matches, il a joué en 4-3-3. Et on dit qu'il a changé de système ce jour-là comme s'il lui était tombée une lubie dans la nuit. C'était l'effectif qui faisait qu'on n'avait plus de milieux de terrain. Soit il fallait innover avec un défenseur au milieu soit jouer à un de plus derrière. Voilà, et ça reste".

Gasset

Le Paris d'aujourd'hui

"Face à Leipzig (1-0), il y avait une pression énorme. Je comprends tout à fait que (Thomas Tuchel) puisse s'irriter sur une question sur le contenu du match alors qu'il vient de gagner 1-0 un match où la victoire était obligatoire. Il a fait son job", souligne Gasset, insistant sur le fait que les Parisiens "ont montré autre chose que le talent pour gagner ce match. On a vu une joie immense à la fin du match alors que le contenu n'allait pas". Et de prendre le match de Monaco (2-3) en exemple. "Ils sont en tête à la mi-temps, il y avait 2-0 avec deux buts refusés qui étaient limites. Le match aurait pu être plié et après ils ont géré le match de Leipzig. Leur match le plus important de la semaine, c'était Leipzig".

 

Son pari pour samedi

"C'est dur d'aller jouer à Paris, on le sait, ce sont eux qui décident du match", assure-t-il. "S'ils sont en forme, quand vous présentez Di Maria, Mbappé, Neymar, c'est eux le problème. Nous on va essayer de faire notre match, dans le même état d'esprit qu'à Rennes (victoire 1-0). Si Paris n'est pas bien, si Paris a la tête au match de mercredi contre Manchester United... Celui contre Leipzig était important mais celui de United l'est aussi".


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