Ligue 1 : La vente de l'OL finalisée vendredi

Frederic Chambert / Panoramic

L'annonce sur cette prise de contrôle valorisée à près de 800 millions d'euros est attendue vendredi après la clôture de la Bourse. Selon une source proche du dossier, l'opération de "closing" suit son cours normalement mais une annonce différée de quelques jours n'est pas non plus à exclure, comme c'est parfois le cas dans les transactions de ce niveau, sans toutefois remettre en cause la cession. Dès lors, au travers de la société Eagle Football Holdings LLC, John Textor, déjà présent au capital du club londonien de Crystal Palace et actionnaire majoritaire de Botafogo (1ère div. brésilienne) et du RWD Molenbeek (2e div. belge), deviendra le nouveau patron de l'Olympique lyonnais, actuel 6e de Ligue 1.

Aulas confiant

L'Américain va acquérir, comme annoncé par OL Groupe, la totalité des actions et la moitié des Osranes (obligations convertibles en actions pour financer la construction du Groupama stadium) détenues par Holnest - la holding de la famille Aulas -, plus la totalité des actions et des Osranes détenues par Pathé (Jérôme Seydoux) et le fonds d'investissement chinois IDG Capitals. Holnest détient 27,72% du capital. Pathé et IDG qui ont respectivement 19,36% et 19,85% avaient annoncé le 9 mars dernier vouloir céder leurs parts en mandatant pour cela la banque Raine. Au final, John Textor et son groupe détiendront 90% des parts sociales. L'accord prévoit également une augmentation de capital de 86 millions d'euros destinée au désendettement et, pour une autre partie, au secteur sportif.

Par la suite, Eagle Football et Holnest ont prévu de lancer d'ici novembre une OPA sur les actions restantes au prix de trois euros par action et 265,57 euros par Osrane. Ces deux acteurs resteraient les deux seuls actionnaires d'OL Groupe, qui sortirait de la cotation en Bourse. Pour financer l'opération, John Textor (56 ans) ne vient pas seul. L'homme d'affaires américain s'est appuyé sur des investisseurs comme James Salter (propriétaire d'une trentaine de marques comme Reebok et Sports illustrated) et Bill Foley (patron du club de hockey de Las Vegas). 

"L'accord signé est un accord ferme sans conditions suspensives depuis le début" a insisté, confiant, Jean-Michel Aulas (73 ans), dans un entretien accordé au quotidien L'Equipe, le 21 septembre en réponse à des questions sur la finalisation des négociations exclusives. Les doutes sont nés, notamment, après que la part de financement de Foley, à travers une ligne de crédit qu'il détenait pour garantir l'opération, a été refusée par les banques.

Ares en renfort

A la suite de cela, un nouvel investisseur très puissant s'est engagé dans le financement du rachat de l'OL aux côtés de Textor: Ares Credit Group, l'une des quatre unités de la société d'investissement alternatif américaine Ares Management Corporation, qui a pris en 2021 une participation dans l'Atlético Madrid. Représentant d'Ares Credit Group, Mark Affolter était notamment présent aux côtés du candidat repreneur à l'occasion du match Lyon-Paris Saint-Germain (0-1), le 18 septembre à Décines-Charpieu.

Une fois le "closing" entériné, l'OL deviendra le onzième club français racheté par un investisseur étranger. Jean-Michel Aulas restera président exécutif du club rhodanien qu'il a guidé vers sept titres consécutifs en L1 (2002-2008) et deux demi-finales de Ligue des Champions (2010, 2020), dans le cadre d'un contrat de trois ans passé avec le nouveau propriétaire.

Sa rémunération annuelle serait de deux millions d'euros, selon plusieurs médias. Fleuron du sport-spectacle en France, OL Groupe contrôle les équipes femmes et hommes de l'OL, le club de football féminin américain OL Reign et un tiers du capital du club de basket de l'Asvel Lyon-Villeurbanne (Elite).  Elle est propriétaire du Groupama Stadium et s'est engagée dans la construction d'une Arena multifonctions de 12.000 places sur le site d'OL Vallée, dont l'inauguration est attendue pour l'automne 2023.


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