Ligue 1: A Nice, toujours pas d'effet Ursea

Pascal GUYOT / AFP

Les chiffres, d'abord : avec Vieira, les Aiglons avaient pris 17 points en 11 matches de Ligue 1, soit un peu plus de 1,5 point par match, même si la tendance était à la baisse au moment du départ du champion du monde 1998. Et avec Ursea, ils n'ont ajouté à ce maigre butin que six points en huit matches, avec une seule victoire pour trois nuls et quatre défaites.

L'électrochoc espéré par la direction a donc clairement fait pschit. La pente douce sur laquelle s’étaient installés les Aiglons au début de la saison s’est même dangereusement accentuée et la zone rouge n'est plus si loin. Avant d'aller à Lens, les Azuréens ne sont ainsi que 14e, avec huit longueurs d'avance sur le premier relégable, Nîmes. Nice en lutte pour le maintien ? "Il faut être réalistes. Si on ne gagne pas rapidement, on y sera", a reconnu cette semaine le latéral gauche Hassane Kamara.

Crise de confiance

Car les dirigeants ont eu beau répéter que les objectifs n'avaient pas changé, la saison niçoise a pris un tour très morne et Ursea n'a pas trouvé les bons leviers. Au soir du 3 décembre et d'une nouvelle défaite (3-2) face au Bayer Leverkusen dans une Ligue Europa ratée dans les grandes largeurs, Ursea avait pris le relais de Vieira, épaulé par Fred Gioria, un homme du club, et Didier Digard, ancien capitaine emblématique du GYM en apprentissage de la vie sur le banc avec les jeunes.

Mais le leadership du trio a pu être rogné d'entrée par l'officialisation d'un simple intérim jusqu'à la fin de saison et l'absence de nouveauté qui aurait pu pousser les joueurs à se montrer sous leur meilleur jour devant un nouveau boss. Avec la seule arrivée de William Saliba au début du mois pour remettre de l'ordre dans une défense toujours aussi fragile, et peu de renforts venus de l’infirmerie, Nice, en crise de confiance, est finalement resté dans son train-train.

Alors cette semaine, les supporters du club ont essayé de secouer un peu cette apathie en venant au centre d'entraînement dire leur mécontentement.

"Perdre est épuisant"

"Je comprends leur colère après une seule victoire en 14 matches. On s'était déjà réunis entre nous, puis on a vu le président. Maintenant, qu'on arrête de parler et que chacun se concentre sur ce qu'il a à faire", a réagi Hassane Kamara.  "Perdre tout le temps, c'est épuisant. On a changé la manière de travailler, le staff, mais les mauvais résultats continuent. Il faut revenir à l'essentiel: les joueurs et le collectif", a-t-il aussi jugé.

"On a parlé plus d'une heure avec eux. On a entendu leur énorme frustration, emmagasinée depuis longtemps. Nous la partageons. Maintenant il faut la transcrire sur le terrain. Il faut améliorer l'état d'esprit", a de son côté estimé Ursea. Mais le technicien roumain n'a pas énormément de marge de manœuvre. La blessure de Dante reste un gigantesque coup dur et la crise de confiance touche l'ensemble de l'effectif. Les leaders reconnus et les révélations de la saison passée ont glissé peu à peu dans l'anonymat, après des absences sur blessure. Reste le mercato. "J'attends surtout le retour de nos blessés. J'espère les récupérer avant un mois de février de feu. Pour le reste, les dirigeants connaissent mon avis sur l'effectif, la balle est dans leur camp. Je leur fais confiance", a lâché Ursea.


>