L1: Saint-Etienne, un avenir financier et sportif très incertain

Reuters

Ce match entre les deux derniers du classement paraît déjà capital pour lancer une saison qui s'annonce périlleuse à tous les niveaux. Le manager général, Claude Puel, avait fixé l'échéance de dix journées pour évaluer les objectifs des Verts. On est à mi-chemin et, pour l'heure, l'ASSE (19e) n'a pas encore gagné, après trois résultats nuls et deux défaites. Après Bordeaux, Monaco, Nice et Lyon seront au programme des Stéphanois. 

Le bilan est aussi peu reluisant que la situation financière. En deux ans, le budget est passé de 110 millions d'euros à 70 M EUR. Cet été, le club n'a enregistré aucune rentrée d'argent liée aux transferts de joueurs. Les matches à huis clos de l'exercice 2020-2021 ont privé le club de recettes billetterie alors que les Verts ont subi, comme tous les clubs français, la crise des droits TV et le retrait de la chaîne Médiapro avec des revenus espérés réduits de moitié. Et les récents propos du président exécutif Jean-François Soucasse ne sont pas rassurants.

Toujours des déficits

"Nous avons encore cette saison une masse salariale en inadéquation avec nos revenus. Structurellement, le club génère donc encore des déficits. Le déficit d'exploitation est encore significatif. Les contraintes que l'on a pour les dix mois à venir sont encore très fortes", a-t-il récemment expliqué au quotidien La Tribune-Le Progrès, tout en affirmant que "le club sera en capacité de mener cette saison à son terme". 

"S'il y avait eu des opportunités (de départ) pour certains joueurs dans l'intérêt du club et du joueur, elles auraient été saisies. Elles ne se sont pas toujours présentées. Nous aurions pu transférer des joueurs majeurs du club qui ont fait l'objet d'offres. Les actionnaires ont fait le choix ambitieux de privilégier la performance sportive à des perspectives de plus-values économiques", a poursuivi Soucasse. Car il faut quand même tenter de garder une équipe compétitive pour assurer au moins le maintien en Ligue 1, d'autant plus important dans le processus de cession du club réamorcé au printemps dernier par les deux actionnaires, Bernard Caïazzo (67 ans) et Roland Romeyer (76 ans). En place depuis 2004, ils n'offrent plus de perspectives d'avenir.

La vente en questions 

Mais comme pour le choix des entraîneurs et d'autres aspects stratégiques, c'est depuis toujours la mésentente cordiale entre les deux hommes. Déjà vendeurs en 2018 sans voir la transaction aboutir, ils ne sont pas d'accord sur le profil du repreneur. De plus, ils aimeraient rester impliqués dans le club après la vente. Un frein pour les projets de reprise. Caïazzo, homme d'affaires parisien peu présent à Saint-Etienne, espère trouver un milliardaire susceptible de racheter le club et de lui laisser sa place dans les instances - il est actuellement membre du Conseil d'administration de la Ligue de football professionnel (LFP).

Romeyer, entrepreneur stéphanois, penche plutôt pour une reprise par un groupe d'acteurs économiques locaux. Celui-ci, aux moyens insuffisants, devra être au moins soutenu par un établissement bancaire ou un fonds d'investissement extérieur pour parvenir à ses fins. Ils sont d'accord au moins sur un point: les nouveaux propriétaires doivent faire franchir un cap sportif à l'ASSE pour ramener l'équipe dans le Top 5 de la Ligue 1. C'est le cabinet d'audit anglo-néerlandais KPMG qui est chargé d'étudier les dossiers pour dénicher le candidat idéal.

Le chiffre de cent millions d'euros, minimum, est souvent évoqué pour l'acquisition des parts et l'investissement indispensable à suivre sur le recrutement. Mais cela semble insuffisant pour retrouver le haut de la Ligue 1. Les actionnaires espéraient déjà une vente au 1er juillet dernier. Désormais, c'est une échéance au 31 décembre qui serait visée, permettant au nouveau propriétaire d'investir sur le mercato d'hiver afin de renforcer sérieusement l'équipe. En attendant, les Verts doivent tenir le cap sportivement.


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