L1: Renato Sanches, déclic attendu avec Lille

Reuters

En l'absence de Benjamin André, suspendu pour accumulation de cartons jaunes, le milieu portugais devrait prendre l'une des deux places dans l'entrejeu. Là où il a brillé avec le Portugal lors du dernier Euro, lui qui avait été élu meilleur jeune de cette compétition en 2016.

Alors qu'il retrouvait son meilleur niveau, le joueur de 24 ans a vécu un sacré coup dur cet été. Il intéressait de grosses écuries européennes, les premiers contacts étaient établis, mais une blessure au genou droit mi-août l'a éloigné des terrains pendant près de deux mois et cassé ses rêves de départ. Ceux de son club, aussi, qui espérait tirer une bonne somme d'un joueur au rôle finalement marginal lors du titre de champion la saison dernière.

32 titularisations depuis l'été 2019

C'est là tout le paradoxe de Renato Sanches. Si son talent est indiscutable, il s'accompagne d'une fougue qui pénalise parfois son équipe sur le plan tactique et que son corps ne supporte pas toujours. Depuis son arrivée il y a quasiment deux ans et demi, il ne cumule que 32 titularisations et ses quelques performances marquantes ont été sans lendemain. L'une des plus impressionnantes, un soir de décembre 2019 face à Montpellier (un but, dix dribbles réussis, huit ballons récupérés), avait été faite comme ailier droit.

"Il sait tout faire et c'est ce qui fait de lui un joueur hors normes"

Un poste qui n'est pas le sien mais qu'il a appris à occuper dans le Nord. Et où il avait débuté face à Séville (0-0) la semaine dernière, dans la foulée d'un match à Clermont (défaite 1-0) disputé quasiment comme numéro 10. "Pour équilibrer l'équipe, il faut une synergie et, quand on a des joueurs polyvalents comme Renato, plutôt que de se priver d'un joueur, on module en modifiant les postes", a expliqué Jocelyn Gourvennec face à la presse mercredi. "Il sait tout faire et c'est ce qui fait de lui un joueur hors normes. Mais il faut qu'il soit bien sur le plan physiologique, athlétique et mental. Il est plus prêt à rejouer à l'intérieur (dans l'axe, NDLR) que quand il a repris", a ajouté l'entraîneur des Dogues.

"Mieux sur le plan athlétique"

A l'intérieur, c'est-à-dire comme milieu relayeur, est le poste que le Portugais souhaite occuper. Un rôle exigeant physiquement que son entraîneur a décidé de ne pas lui confier de suite. "Il a fait une bonne semaine, il se sent mieux sur le plan athlétique et ça s'est vu sur le dernier match", a souligné Gourvennec, dont l'équipe a provisoirement quitté son rythme de deux matches par semaine et aura donc les jambes un peu plus légères. Celles de Sanches, auteur d'une entrée inspirée face à Brest malgré un résultat décevant (1-1) lors de la dernière journée, fourmillent d'impatience. Joueur de tempérament, grand compétiteur, il supporte mal de ne pas être sur le terrain.

"Il se tend dès que l'on évoque le fait qu'il soit titulaire ou remplaçant. Il aurait intérêt à consulter quelqu'un qui lui permette de se détendre", avait jugé Christophe Galtier dans les colonnes du journal L'Equipe. L'ancien entraîneur du Losc s'était résolu à lui préférer Boubakary Soumaré, parti en Angleterre cet été, lors du sprint final vers le titre de champion. Un choix payant dans une période où tout tournait bien, loin des tourments d'aujourd'hui. Peu créatif, le Losc se cherche des hommes forts. Et Renato Sanches a déjà prouvé qu'il pouvait être un leader dans le jeu.


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