L1 (J10) : Tino Kadewere et l'OL renversent Saint-Etienne

Panoramic

Le Groupama Stadium a beau sonner creux, on était en droit d’attendre un petit feu d’artifice de ce 121e derby de l’histoire. Parce que c’est le plus explosif du pays. Et parce qu’un derby reste un derby : il n’y a pas de classement qui tienne. Il n’a pas fallu attendre longtemps pour le constater, en voyant chaque équipe montrer les crocs dans cette bataille tactique, avec l’électricité qui caractérise ces soirées toujours spéciales.

Le plan des Verts était cohérent


Dans le 4-3-3 de Rudi Garcia, on espérait davantage de créativité dans l’entrejeu, emmené par le trio Aouar-Guimaraes-Caqueret . Mais c’est la jeunesse stéphanoise qui a imposé sa loi d’entrée de jeu, Adil Aouchiche allumant une première mèche sur coup-franc en servant Camara, qui voyait son ballon finir dans les gants d’Anthony Lopes.

Les Verts ont ensuite joué tous les coups : un tir contré d’Aouchiche (9e), une frappe de Bouanga encore arrêtée (13e) ou une percée d’Abi bien contenue par Cornet (15e). En face, l’OL devait se contenter, en vrac, de quelques séquences bien contenues par des Stéphanois solidaires et disciplinés. Notons ainsi des tentatives vaines d’un Memphis en manque d’idée et incapable de cadrer (6e, 17e) et deux buts refusés à Dembélé pour des positions illicites (10e, 31e).

Tout ce beau monde se reniflait à distance quand un vent de folie a parcouru l’enceinte lyonnaise juste avant la pause. Une partie de ping-pong que les Verts ont lancée avec un but hors-jeu, avant que Jessy Moulin ne sauve les siens sur le contre mené par Aouar (39e). C’est finalement Bouanga qui a allumé la lumière en crucifiant Lopes d’un tir sans angle après avoir buté une première fois sur le portier lyonnais (40e). Il fallait bien cela pour piquer cette équipe lyonnaise ronronnante. Studieux, récitant leurs gammes de façon quasi militaire, les jeunes soldats de Puel viraient donc en tête à la pause après un premier acte agréable, marqué par un total de 13 tirs.

Kadewere, le sauveur


Comme si ces Verts étaient portés par un instinct de survie face à des Lyonnais éteints, Sainté n’a pas changé d’approche au retour des vestiaires. Mais le talent suffit, parfois, à aller contre le sens du vent. Bloquée dans le jeu, la bande à Garcia est parvenue à forcer le verrou stéphanois sur un coup de pied arrêté, avec une combinaison initiée par Memphis Depay, relayée par Maxwell Cornet et conclue avec brio par une talonnade de Tino Kadewere (1-1, 65e).

C’est un scénario vieux comme le foot : un nouveau match a alors commencé. Portés par un souffle nouveau, les Lyonnais ont passé la seconde. Enfin. Plus de courses, plus d’intensité, plus d’idées et un temps fort matérialisé par le joker Tino Kadewere, buteur victorieux sur une frappe dans un angle impossible - la deuxième de la soirée (2-1, 74e).

Reste que Saint-Etienne n’a jamais lâché les armes. Les Verts sont repartis au combat pour rester menaçants jusqu’à la fin. Anthony Lopes, auteur d’un réflexe impeccable sur une reprise de Romain Hamouma (76e), a d’abord retardé l’échéance avant d’être sauvé par la maladresse de Denis Bouanga sur un penalty obtenu par les Stéphanois après une main de Jean Lucas (88e), avant ultime frisson au bout de la nuit (92e+2). Un peu plus de talent et un zeste de chance auront suffi à l’OL pour s’adjuger un derby qui ne se perd pas. A défaut d'avoir brillé face à un Sainté malheureux, l’OL s’offre une victoire de gala face à son rival à domicile en Ligue 1 réalise la belle opération de la soirée, en remontant à la 5e place du classement.