Danijel Subasic, le grand huit monégasque

Dans l'histoire monégasque, Danijel Subasic est peut-être le joueur qui a connu le plus d'émotions. Et c'est encore plus vrai au XXIe siècle quand l'AS Monaco n'a pas vraiment été réputé pour sa régularité. Arrivé en janvier 2012, le Croate va quitter le Rocher à la fin du mois. L'ASM a confirmé que le contrat de son gardien ne sera pas prolongé. Une annonce attendue qui ressemble à la fin d'une époque. En huit ans et demi, le gardien a tout connu avec le club de la Principauté. Il suffit de se pencher sur la première apparition en France du joueur acheté 1 million à l'Hajduk Split pour comprendre le chemin parcouru.

Le 13 février 2012, Marco Simone avait préféré aligner sa recrue dans le but monégasque pour un match de Ligue 2 contre Bastia. Lors de ce match gagné par les Corses, Jérome Rothen, Gaël Angoula, Ludovic Giuly ou Valère Germain étaient titulaires. Vertigineux. Ce lundi soir d'hiver, il était difficile d'imaginer l'impact qu'allait avoir le joueur qui était arrivé en compagnie de Nabil Dirar ou Ibrahima Touré pour le premier mercato d'un club fraîchement racheté par Dmitri Rybolovlev. Monaco était alors menacé par une relégation en National. Mais ce changement de cap a permis de ramener l'ASM au sommet. Le point de départ de sacrées montagnes russes. Et Danijel Subasic en a longtemps été le pilote.

Une dernière saison monégasque difficile pour Subasic


Indiscutable dès sa prise de position, le vice-champion du Monde 2018 va quitter la Côte d'Azur après avoir joué 292 matchs et réalisé plus de 110 clean-sheets. Mais surtout, il part à l'issue d'une saison sans la moindre apparition en Ligue 1. Une dernière pente raide. Blessé, mis sur le banc par Benjamin Lecomte ou suspendu, il n'a joué qu'un match de Coupe de la Ligue, perdu contre Lille, depuis l'été dernier. Une issue regrettable pour un joueur qui a été important dans la quête du titre gagné en 2017. La dernière preuve qu'il a vraiment tout connu avec l'ASM. Sur le Rocher, Suba a sauvé les siens à plusieurs reprises. Mais il s'est aussi offert le luxe de marquer un but. C'était un coup-franc direct contre Boulogne sur Mer en mai 2012.

Avec Monaco, Suba a joué contre Sedan mais aussi contre Manchester City

Du maintien en Ligue 2 au dernier carré de la Ligue des champions, il a porté fièrement le maillot rouge et blanc sur la pelouse de Dortmund, Manchester City ou de la Juventus Turin comme face à Arles, Sedan ou Istres. Un grand écart que le natif de Zadar a assumé sans jamais avoir le vertige. Il a progressé en même temps que son club. Il s'est assis à côté d'Aymen Abdennour, Nacer Barazite mais aussi de Kylian Mbappé, Anthony Martial ou Bernardo Silva. Ils sont tous partis alors que lui est resté.

Même quand les vents étaient contraires, Danijel Subasic a accumulé les tours à bord du manège monégasque. De la galère d'un maintien à arracher dans l'élite aux saisons terminées sur le podium de la Ligue 1. Quand Monaco avait la deuxième ou la 16eme défense du championnat : les émotions ont toujours été différentes. Un long parcours durant lequel les péripéties ont été nombreuses. Les changements d'entraîneurs aussi. En ne continuant pas avec son gardien, l'AS Monaco referme définitivement un chapitre de son histoire. Elle brise surtout le seul lien qui liait encore le club à son récent passage en Ligue 2, le point de départ de l'ère Rybolovlev. Celui qui donne des ambitions à une formation qui s'est transformée en véritable attraction européenne.


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