A Lille, Yilmaz à la recherche de ses sensations

Reuters

L'attaquant, absent mardi lors de la victoire à Séville en Ligue des champions (2-1), a eu la confirmation que son équipe pouvait gagner sans lui. Pour franchir un cap et retrouver un classement plus digne de son statut que la triste douzième place actuelle, Lille aura tout de même besoin que le Turc monte en puissance.

Malade en début de semaine, il s'était entraîné individuellement lundi mais a depuis repris normalement les séances avec le groupe. "Il se sent bien", a assuré son entraîneur Jocelyn Gourvennec vendredi face à la presse. En dix titularisations, Yilmaz ne totalise que deux buts : une frappe puissante du gauche à Saint-Etienne lors de la 3e journée et un penalty à Lorient trois semaines plus tard sur une faute qu'il avait lui-même obtenue.

Roi du hors-jeu

Un bilan bien maigre en comparaison des huit réalisations en neuf titularisations de son binôme Jonathan David, meilleur buteur du championnat, et de sa production du précédent exercice. Malgré une blessure au mollet l'ayant écarté des terrains pendant trois mois, l'ancien joueur de Besiktas avait trouvé le chemin des filets à seize reprises.

Son apport s'était surtout vu dans le sprint final, ses buts dans cinq des sept derniers matches de la saison propulsant Lille vers un titre surprise. Et l'intéressé vers un Euro où, très attendu, il avait coulé en même temps que son pays, la Turquie s'inclinant sans briller contre l'Italie, le pays de Galles et la Suisse. Un coup dur sur le plan psychologique qui se ressent aussi sur le plan physique. A 36 ans, âge canonique pour les attaquants, le "Kral" (Roi) n'a pas pu recharger les batteries pendant l'été.

C'est un joueur moins explosif, plus nerveux aussi, que Lille a retrouvé à la reprise. Numéro 2 européen en hors-jeu sifflés contre lui en championnat (1,4 par match) et très large leader en Ligue des champions (4), il manque de lucidité, oubliant de se replacer ou partant trop tôt pour compenser une explosivité en berne. Ses trois passes décisives, la dernière la semaine dernière à Paris, rappellent qu'il peut encore apporter beaucoup, et son leadership le rend difficile à sortir du onze.

"Pas difficile à gérer"

Mais ce caractère s'accompagne de coups de sang, à l'image de ce retour direct au vestiaire, sans un regard pour son entraîneur, après sa sortie contre Brest six jours plus tôt. "Il n'est pas difficile à gérer, il est volcanique sur le terrain mais très lucide et calme quand on discute ensemble au centre d'entraînement", avait réagi Jocelyn Gourvennec dans la foulée de l'incident.

"Il m'a dit qu'il avait été frustré du résultat, il avait envie de faire beaucoup pour l'équipe et s'est excusé", a ajouté le technicien nordiste la semaine suivante, clôturant le chapitre de l'incident. Essentielle la saison dernière, l'incroyable rage de vaincre de Burak Yilmaz semble aujourd'hui beaucoup moins porteuse.

La maturité affichée par le Losc à Séville, dans un contexte rendu tendu par un adversaire frustré et qui a amené l'arbitre à sortir onze cartons, a montré que ce groupe pouvait se transcender en ayant plus d'éléments prêts à se sacrifier (André, Reinildo) et de leaders techniques (Sanches, Ikoné) que de leaders vocaux. Plus qu'avec la voix ou les gestes, c'est avec les pieds que l'un des Lillois les plus expérimentés doit désormais montrer son apport.


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