Ligue 1 Conforama : Tuchel, Paris incognito ?

Reuters

Dix-neuf ans de carrière en tant qu’entraîneur (*) et Thomas Tuchel (46 ans) reste un éternel insatisfait, doublé de son corollaire, à savoir un perfectionniste acharné pour lequel, pourtant, c’est une certitude, le match parfait n’existe pas.

"En tant qu’entraîneur, vous devez accepter qu’il n’y aura pas de match parfait. C’est triste, bien sûr. C’est un peu comme Sisyphe, n’est-ce pas ? Tu n’y arrives jamais", considère le coach allemand du PSG dans les colonnes du Guardian. Notre récent match contre le Real Madrid vous rend très heureux en tant qu’entraîneur, bien sûr. Gagner de grands matches peut apporter beaucoup de satisfaction, comme gagner à Old Trafford la saison dernière et battre Liverpool à la maison. (…) Il est possible de se rapprocher de la perfection, mais on ne l’atteint jamais tout à fait."

"Un travail qui consomme tout"

Et même s’il aime à penser qu’on "s’en rapproche de plus en plus", Tuchel sait aussi qu’il faut être un peu fou pour faire ce métier pas comme les autres. "Oui, vous devez l’être, confirme-t-il dans un sourire. C’était assez évident dès le départ, parce que même lorsque vous êtes l’entraîneur des moins de 14 ans ou des moins de 15 ans à l’académie, bien que vous n’ayez pas à traiter avec la presse ou les médias, vous devez traiter avec les parents, et parfois je ne sais pas ce qui est pire…" Gérer le vestiaire du PSG, et notamment les caprices de sa star Neymar, a aussi ses exigences. Un investissement total qui n’autorise que très peu d’échappatoire ou de plages de liberté.

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Ce père de famille (il a deux filles) aimerait goûter plus qu’il ne le fait à la vie culturelle parisienne. Et s’il n’a pas la notoriété d’un Mbappé ou d’un Neymar, Tuchel avoue ne pas pouvoir se déplacer dans Paris incognito.

"Ce n’est pas la même chose de regarder une peinture dans une galerie quand on sent que d’autres yeux sont sur soi, avoue-t-il tout en pensant parfois à se déguiser pour arpenter les musées de la capitale. Parfois, j’essaie de sortir en douce quand il fait noir, dans les rues, pour goûter à cette liberté, pour sentir l’ambiance de la ville. D’autres fois, je me soucie moins des gens qui me regardent et qui vont simplement au restaurant, mais cela n’arrive pas si souvent. C’est un travail qui consomme tout, difficile d’y échapper, et vous ne savez pas le prix que vous devez payer pour votre passion lorsque vous commencez."