Gymnastique : Aït-Saïd évoque la douleur dans le sport

Entre une double fracture tibia-péroné en 2016 à Rio et là un souci au biceps gauche à Tokyo, Samir Aït-Saïd n'a guère été épargné par les blessures lors des derniers Jeux d'été et a dû composer avec. « Je ne connais pas de sportifs qui n'aient pas de douleurs. Il y en a très peu qui, dans une carrière, ne se sont pas fait opérer. La douleur fait partie de notre quotidien. On soumet notre corps à de grosses charges de travail. Les blessures, les courbatures... Le moment où on n'a pas mal, c'est quand on dort. (...) Pourquoi accepter ça ? L'objectif final. Avoir une médaille aux Jeux. (...) Quand vous êtes en finale des Jeux, vous mettez votre douleur de côté. Moi, j'avais manqué ma finale de Rio à cause d'une blessure, il était inconcevable que je ne dispute cette finale à Tokyo. J'avais conscience des risques que je prenais. La décision m'appartenait », a notamment reconnu le gymnaste français.
 

« On n'est pas des masochistes. Qui aime la douleur ? »


« Ma blessure en 2016 ? Ce qui est étonnant, c'est qu'après cette blessure, j'étais très motivé pour faire une médaille à Tokyo. Et en fait, cette désillusion, cette quatrième place à Tokyo est plus forte que la blessure et me motive pour finir ma carrière à Paris avec une breloque autour du cou. (...) Le sportif de haut niveau doit prendre des risques, sinon il n'avance pas. Après, il faudra, en effet, être bien entouré, compter sur des gens autour de nous qui sauront nous dire stop, a par la suite expliqué Aït-Saïd, lors d'un entretien accordé à L'Equipe. (...) On n'est pas des masochistes. Qui aime la douleur ? Même pas la douleur de l'accouchement que j'ignore et qui est la plus belle des douleurs... Non, la douleur ne me manquera pas. J'arrêterai le haut niveau mais pas le sport. J'aurai donc le plaisir sans la douleur. »


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