Chanevas (Sodexo Live !) : «Une vraie prouesse logistique»

Sodexo

Franck Chanevas, que représente le sport dans la galaxie Sodexo ?
Le sport fait partie de nos trois priorités stratégiques, avec les marchés de la culture - avec des sites culturels, touristiques, iconiques et emblématiques comme la Tour Eiffel ou des musées – l’événementiel au sens large – c’est-à-dire l’organisation de congrès aux Etats-Unis ou de séminaires en France dans des lieux privilégiés, tels que des hôtels particuliers comme la maison des Polytechniciens ou des Arts et métiers ouencore des business-center très connectés comme  L’Apostrophe, et, évidemment, le sport, qui fait partie des marchés sur lesquels nous souhaitons croître.

Sodexo, c’est aussi cette incroyable histoire d’amour avec le Tour de France, qui dure depuis plus de trente ans maintenant… Comment l’expliquez-vous ?
Ce succès ne doit rien au hasard, à l’origine Pierre Bellon souhaitait s’engager comme partenaire de l’événement afin de valoriser les régions et le patrimoine culturel et contribuer au développement économique et social de ces territoires. C’était très vrai et c’était in fine la même ambition que de voir le Tour de France passer dans ses villes, et de s’y implanter. C’est aussi le fruit d’une collaboration sérieuse et d’un savoir-faire culinaire sur les hospitalités et les prestations que nous servons à tous les publics en réalisant évidemment cette prouesse logistique d’assurer trois lieux itinérants qui sont différents tous les jours.

Qu’est-ce qui vous tient le plus à cœur par rapport à l’image de marque qui est la vôtre ?
Pour nous, le plus important, c’est évidemment la satisfaction de nos consommateurs et de nos convives, et ce quels qu’ils soient. Qu’il s’agisse du motard, que l’on va nourrir en course ou de l’invité VIP dans une voiture ou celui qui va participer au cocktail du bus-arrivée. C’est véritablement un élément important pour nous, au même titre que l’est la sécurité alimentaire. Ce n’est pas un sujet que l’on peut occulter dans un événement de cette ampleur, itinérant et avec toutes les  formes de prestations que nous servons. C’est une vraie sensibilité qu’il faut contrôler. Le troisième point, qui me tient particulièrement à cœur, c’est que la santé et la sécurité de toutes mes équipes. C’est une aventure humaine. Tout le monde a envie de la vivre. Mais on sait aussi qu’elle est haletante, qu’il y a beaucoup de routes à faire chaque jour. Donc réunir au quotidien les conditions de santé et de sécurité au travail de nos équipes, c’est pour moi le troisième élément-clé.

A vous entendre, vous allez attacher une importance encore plus grande cette année au zéro plastique ainsi qu’aux produits locaux. Confirmez-vous ?
Oui, encore davantage, effectivement. Nous sommes en évolution permanente avec nos clients, en se disant que chaque édition doit être différente de celle du passé. On a beaucoup travaillé pendant ces deux années de pandémie sur l’individualisation de la prestation et le service à la personne. Et les deux thèmes sur lesquels nous travaillons avec ASO sont effectivement les produits locaux et régionaux. C’est très important. A chaque fois que l’on vient dans une région, c’est 60% de produits locaux. Des produits qui sont forcément de saison et cent pour cent français. Ensuite, sur tout ce que nous allons utiliser en termes de packaging, ce ne sont que des matières recyclées et recyclables. Avec le souhait d’avoir une empreinte sociale et sociétale la plus importante possible.

« C’est cette évolution permanente qui nous permet d’être là depuis 31 ans »


Que nous réservez-vous pour cette édition à venir ?
Cette année nous avons imaginé de nouvelles animations de produits régionaux que nous allons proposer à nos clients. Ces animations auront lieu dans la zone d’arrivée (elle avaient déjà lieu au village-départ), avec une vocation quelque peu différente, car au village-départ, ce sont essentiellement les produits des partenaires même si, pour certains, on les transforme un peu. Là, ce sera véritablement une animation de produits régionaux. Comment nous est venue l’idée ? En fait, on est dans un processus d’évolution permanente. On est dans un business-model, avec des contrats qui ont pour la plupart une durée de vie. Et si nous ne sommes pas en évolution permanente, à chercher à apporter de l’innovation et de la valeur ajoutée à chacune de nos éditions, comme on le fait à Roland-Garros ou dans d’autres lieux… C’est ce processus et cette volonté d’innovation et d’évolution permanente qui nous permettent d’être là depuis 31 ans.

Nous savons trouver des solutions, y compris lorsque le départ, comme c’est le cas cette année à Copenhague, présente de réelles difficultés sur le plan logistique…
Il y a évidemment les contraintes logistiques, qui sont évidentes. Il y a aussi les sujets conjoncturels et inflationnistes que l’on connaît tous qui impactent un déplacement un peu plus long. Et ensuite, il s’agit pour nous de trouver les bonnes ressources localement qui viendront compléter nos équipes fixes. On est prêts pour le reste, on est en train d’ajuster ce dernier point.

Laurent Hetet, le responsable événementiel Sodexo Live ! sur le Tour de France, a parlé d’une « touche danoise » associée au savoir-faire à la française. Pouvez-nous nous en dire davantage ?
Le Danemark est un pays dont la gastronomie est toujours présente dans les concours internationaux et toujours bien placée. Donc il y a cette vraie culture de la gastronomie, de la cuisine et du savoir-faire. On va apporter une vraie complémentarité entre la vision de la gastronomie danoise et les spécialités françaises.

Avez-vous songé un temps à ne faire découvrir pendant ces trois jours que la gastronomie danoise ?
Non, il faut pour nous qu’il y ait cette complémentarité, exactement comme quand on va dans les régions. C’est ce qui nous permet d’engager des collaborations avec des chefs locaux et des écoles. C’est vraiment l’ADN. Là, ce n’est pas une région, c’est un pays.

« Les Jeux Olympiques 2024 ? Une opportunité incroyable ! »


Allez-vous vous calquer sur ce que vous avez réussi jusqu’à maintenant sur le Tour de France pour l’adapter aux JO 2024, sachant que vous serez en charge de la restauration du village des athlètes ? 
Non, les Jeux Olympiques, c’est véritablement quelque chose de spécifique. Le point sur lequel nous allons nous appuyer principalement, c’est le travail que nous avons déjà fait autour de la nutrition des sportifs et de tout ce qui est lié à la performance. C’est un travail qui est très important, que nous avions soumis dans le cadre du dialogue compétitif. Le deuxième point, c’est que nous allons être sur un lieu fixe et permanent et que dans l’esprit et l’ambition que nous nourrissions avec le COJO, par rapport à cette notion d’héritage et de patrimoine, c’était de véritablement utiliser des installations qui étaient existantes. On va donc beaucoup s’appuyer sur nos lieux de production et de logistique en Ile de France pour à la fois produire ou effectuer tout au moins un nombre de tâches préliminaires pour acheminer dans un restaurant que nous avons imaginé et construit de toute pièce.

Qu’est-ce que représente pour Sodexo Live ! le fait d’être d’une aventure d’une telle ampleur ?
C’est la vitrine, le savoir-faire et l’expertise. C’est aussi évidemment un enjeu d’image qui est absolument unique. C’est aussi un vrai catalyseur d’émulation, de motivation et d’engagement des équipes, avec un pouvoir d’attraction qui est assez unique. J’ai des collaborateurs qui pleuraient le jour de l’attribution du marché, et je n’avais jamais connu ça dans les événements que nous avons fait. Nous n’avons pas tout fait, mais nous avons quand même fait Roland-Garros, la Coupe du monde et le Championnat d’Europe de football. Nous avons fait beaucoup de choses en France, mais avec un tel pouvoir d’attraction et de fédérer à ce point les entreprises, je n’avais jamais connu ça. Les valeurs de l’olympisme, même si elles ne sont pas répétées, sont quand même très sous-jacentes  et dans l’arrière-pensée de chacun des Français, qu’ils soient fans ou collaborateurs.

Réalisez-vous un rêve sur le plan personnel ?
On va tous le vivre une fois dans notre carrière, donc il faut que l’on profite de cette opportunité incroyable de vivre les Jeux Olympiques de Paris 2024.

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