Qualif. Mondial-2022: Thilo Kehrer, retour gagnant avec la Mannschaft

Panoramic

L'Allemand, qui n'avait plus porté le maillot aux quatre étoiles depuis un an, vient de démontrer au nouveau sélectionneur Hansi Flick qu'il pourrait compter sur lui d'ici au Mondial au Qatar. Même si sa titularisation mercredi (20h45) pour le match de qualification en Islande n'est pas encore assurée, après deux rencontres en quatre jours jouées pleinement. Le défenseur parisien a la chance d'avoir été dans la première liste de Flick, qui a succédé à Löw après l'Euro, et d'avoir accompagné l'enthousiasme d'un nouveau début, marqué par le 6-0 de gala dimanche contre l'Arménie, qui a permis aux Allemands de reprendre seuls la tête de leur groupe.

"Je pense que nous ressentons tous cette impulsion nouvelle, a-t-il témoigné, il est évident et normal que Hansi Flick ait une autre philosophie et un autre discours que Jogi Löw (...) On sent que l'ambiance et l'énergie sont bonnes, mais aussi que les attentes sont immenses".

Aide psychologique

Pour le baptême du feu de Flick à domicile dimanche à Stuttgart, la Mannschaft a emballé le public pour la première fois depuis très longtemps, un plaisir que le sélectionneur et les joueurs n'ont pas boudé. Arrière central jeudi dernier contre le Liechtenstein (2-0), où il n'a guère eu à exprimer son talent, Kehrer avait glissé sur le flanc gauche contre l'Arménie. Impeccable dans les duels et dans la relance, à un poste qui n'est pas le sien, le joueur de 24 ans aurait même pu ouvrir le score si sa reprise de la tête sur corner dès la cinquième minute n'était pas passée juste au-dessus de la barre.

"Je peux jouer central ou à droite et je suis polyvalent quel que soit le système", se décrit-il lui-même, "mais je pense qu'à moyen terme c'est en défense centrale que je pourrai le mieux exprimer mes qualités". Cette renaissance sous le maillot national est l'aboutissement d'un parcours déjà long et pas toujours facile. Transféré de Schalke à Paris à 21 ans seulement, ce fils d'un Allemand et d'une Burundaise, qui a vécu en Afrique sa petite enfance, a raconté avoir eu besoin d'une aide psychologique en 2019 pour surmonter des moments difficiles dans la capitale française.

"J'ai joué en ayant mal" 

"Plus grands sont le succès et la popularité, plus difficiles sont certaines choses de la vie, petites mais importantes", reconnaît-il dans une longue interview au magazine Kicker de la semaine dernière. "La popularité est une reconnaissance, mais elle ne rend pas la vie plus simple." D'une certaine manière, ce garçon à la tête bien posée sur les épaules ne regrette pas d'avoir été écarté du groupe qui a disputé l'Euro et s'est incliné en 8e de finale contre l'Angleterre (2-0).

"Bien sûr j'aurais bien aimé jouer l'Euro", admet-il, "mais d'un autre côté, je vois que la pause estivale après deux saisons difficiles, où j'ai souvent joué en ayant mal, m'a vraiment fait du bien. Je me suis complètement régénéré physiquement et mentalement (...) maintenant je me sens bien et en forme comme jamais depuis longtemps. Donc avec le recul, ce n'était pas plus mal"A l'ombre des superstars Messi, Neymar, Mbappé, Wijnaldum ou Sergio Ramos, Kehrer peut ambitionner de devenir un pilier défensif du Paris SG. Il ne lui restera ensuite qu'un pas à faire, du PSG sous pavillon qatari au Qatar du Mondial-2022, pour briller enfin avec l'Allemagne dans un grand tournoi.


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