Coupe du Monde : La Suède en a encore sous le pied

Reuters

La Suède est l’invitée surprise de ces huitièmes de finale. Avant la compétition, peu de monde aurait misé sur les Scandinaves. En compagnie de l’Allemagne, du Mexique et de la Corée du Sud, ils sont parvenus à s’extirper de ce groupe relevé, avec la première place, qui plus est. Inattendu même si, rappelons-le, les Blagult ont terminé devant les Pays-Bas en éliminatoires avant de faire tomber l’Italie en barrages.

Après une victoire contre la Corée du Sud lors de leur premier match, les Suédois ont vécu les montagnes russes face aux Allemands. Ils ont longtemps tenu avant de rompre dans les derniers instants sur un coup franc de Toni Kroos. Un véritable coup de bambou pour cette équipe suédoise qui se rêvait en huitièmes. Finalement, elle déjouera les pronostics contre le Mexique (3-0) pour arracher sa qualification, presque inespérée. Eliminant par la même occasion la Mannschaft, championne du monde en titre.

Mais si elle a décroché son ticket pour les huitièmes, la Suède n’a pour l’heure pas vraiment séduit les amateurs de beau jeu. Très bien organisée, la sélection scandinave a surtout impressionné défensivement. Robuste, regroupée, solidaire, elle n’a concédé que 2 buts (contre l’Allemagne) depuis le début du Mondial. « Ma mission est, avec les joueurs disponibles, de trouver un moyen de jouer qui leur convient et nous donne la plus grande chance de réussir » a expliqué le sélectionneur Janne Andersson lucide concernant les prestations de son équipe : « On ne veut pas que notre adversaire ait la balle tout le temps. Nous pouvons faire mieux, j’en suis conscient. En fonction de leur niveau, nous acceptons parfois que les adversaires aient le ballon plus que nous. Mais il ne suffit pas de l’avoir, il faut en faire quelque chose ».

Du côté des médias suédois, on pardonne aux Blagult et à leur sélectionneur le jeu proposé. Par contre, la méforme des joueurs offensifs est pointée du doigt. Depuis la retraite de l’imposant Zlatan Ibrahimovic, certains se devaient de sortir de l’ombre. Mais pour l’instant, un seul but sur les 5 inscrits par la Suède a été marqué par un joueur à vocation offensive (Toivonen). Marcus Berg, meilleur buteur des éliminatoires (8 buts) est toujours muet. Emil Forsberg, considéré comme le meilleur joueur suédois, n’est pour l’heure pas au niveau attendu. Résultat, le meilleur buteur suédois dans cette Coupe du Monde n’est autre que le défenseur et capitaine, Andreas Granqvist.

Suède

Conscient des efforts défensifs qu’il leur réclame, Janne Anderson a tenu à défendre ses deux buteurs : « Marcus est le style de joueur capable de marquer trois buts sur trois tentatives. Pareil pour Emil. Pour l'instant ils ont crée des occasions et n'ont pas marqué. Mais ils font un travail fantastique, il faut qu'ils continuent […] Nous avons marqué cinq buts lors de la phase de poule et seulement cinq équipes ont fait mieux. C’est bien d’avoir réussi à le faire sans nos buteurs ». Le sélectionneur des Blagult n’a pas tort. Le réveil de ses attaquants pourrait être la clé pour venir à bout de la Suisse ce mardi.