Coupe du Monde 2022 : Didier Deschamps maintient le flou sur son choix entre Hugo Lloris et Steve Mandanda

Panoramic

"Je n'ai pas répondu, mais ce n'est pas grave", a glissé le sélectionneur dans un sourire, questionné mardi en conférence de presse sur sa gestion des gardiens avant l'ultime match de groupe, à l'intérêt relatif puisque la qualification en huitièmes est déjà acquise et la première place presque assurée. Au Mondial-2018, le ticket était aussi déjà en poche avant Danemark-France (0-0), en clôture du premier tour, mais pas la tête de groupe. Mandanda, alors âgé de 33 ans, avait été aligné pour ce qui reste jusqu'alors son unique apparition dans un grand tournoi avec les Bleus.

Lloris avait enchaîné le troisième match au Mondial-2014 et à l'Euro-2016, mais en 2018, "il était moins demandeur", avait justifié Deschamps après la rencontre. "Steve est un très bon gardien, un joueur cadre qui a vécu beaucoup de choses", avait-il ajouté, évoquant l'âge du joueur formé au Havre : "Sans lui faire offense, je pense que ce sera peut-être difficile qu'il fasse une autre Coupe du monde". Et d'insister : "Ce n'est pas le remercier, ce n'est pas un cadeau, mais ça me semblait logique de lui offrir cette possibilité de jouer un match de Coupe du monde".

 

Mandanda, "un battant"

 

En cas de titularisation, mercredi, Mandanda deviendrait au passage, à 37 ans et huit mois, le joueur le plus âgé de l'histoire des Bleus devant Larbi Ben Barek, parti en 1954 sur une dernière cape à 37 ans et 4 mois, selon la Fédération française de football. Le total de sélections du gardien de Rennes, trente-quatre avant mercredi, ne rend pas compte de la place occupée chez les Bleus par l'ancien Marseillais, figure tutélaire à la longévité quasi-record, présent sur les feuilles de match à 155 reprises depuis sa première cape en mai 2008. "Il a un rôle de grand frère pour chacun de nous", a raconté le vice-capitaine Raphaël Varane. "C'est un gage de tranquillité pour nous, les joueurs. Il a une parole réconfortante, rassurante, et peut aussi faire le relais auprès du staff", comme s'il avait un pied dans chaque camp.

Avant le Mondial, Lloris lui-même avait mis en exergue la "légitimité" et "l'expérience" du gardien rennais. "Il a toujours été là dans les moments un peu plus compliqués, c'est un battant et on aura besoin de toutes nos forces pour les échéances à venir". Interrogé sur son souhait de jouer le troisième match, samedi en zone mixte, le portier de Tottenham a suggéré qu'il ne s'accrocherait pas à sa place: "Je crois qu'il est important de garder un certain esprit dans l'équipe et dans le groupe".

 

"Guidé par la compétition"

 

Une passe décisive pour Mandanda ? Ce serait un joli rebond pour le "Fenomeno", dépossédé de sa place de titulaire la saison dernière à l'Olympique de Marseille, et tenu à l'écart de la sélection entre septembre 2021 et septembre 2022. Si Mandanda peut devenir le doyen des Français, mercredi, Lloris a aussi son propre record en vue : celui du nombre de sélections, détenu depuis 2008 par Lilian Thuram (142 capes), qu'il atteindra au prochain match disputé.

Le gardien né et formé à Nice égalera, mercredi contre la Tunisie ou ce week-end en huitièmes de finale, deux autres marques historiques : le record national de matches joués en Coupe du monde (17 pour Fabien Barthez et Thierry Henry, actuellement 16 pour Lloris) et le record de matches en phase finale de grande compétition (32 pour Thuram, 31 pour Lloris). "Je suis davantage guidé par la compétition et par l'envie de relever les défis, l'envie de me surpasser avec mes coéquipiers, que par ces chiffres, même si ce sont des chiffres très importants", a commenté Lloris dans un entretien accordé à l'AFP avant le tournoi. "Je pense que je les apprécierai encore plus une fois que tout sera terminé."


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