Coupe du Monde 2018 - Sénégal : Mbaye Niang, enfin un choix payant

Reuters

Vingt-trois ans, 6 clubs, 7 ans dans le circuit pro, 172 matchs joués, 28 buts inscrits : Mbaye Niang est presque un cas unique. Le natif de Meulan-en-Yvelines est né en 1994 mais a déjà la carrière d’un joueur né en 1984. Un exemple de précocité qui fait forcément rêver beaucoup de jeunes de son âge. Des jeunes qui doivent néanmoins savoir que précocité ne rime pas forcément avec succès. Car ce début de carrière incroyable va rapidement laisser place à une succession de mauvais choix. Sportivement d’abord.

Titulaire en Ligue 1 pour la première fois à 16 ans, le grand espoir Niang cède aux sirènes des grands clubs européens, tous fans du joueur. Et dans le duel que se livrent Arsenal et l’AC Milan, c’est le club lombard qui fait la bonne affaire. Ou presque. Confronté au très haut niveau, Niang, loin d’avoir complété sa formation, voit sa progression s’arrêter. S’en suit une succession de prêts (Montpellier, Watford, Genoa) sans grand succès. Aujourd’hui au Torino, Mbaye Niang, 23 ans rappelons-le, est en quête de sérénité dans l’espoir de répondre aux attentes placées en lui.

Le poids de l’âge a d’ailleurs fait effet sur le fougueux Mbaye. Habitué des colonnes faits divers, et notamment pour des accidents de voiture, le buteur turinois s’est très nettement assagi. Dans ses interviews ou sur un terrain, le colosse sénégalais fait désormais preuve de maturité. Son jeu également a évolué. L’explosivité a laissé place à de la maîtrise, sa maladresse à de l’efficacité. Ce retour en forme, c’est le Sénégal qui en profite aujourd’hui. Après avoir longtemps refusé de porter le maillot sénégalais, Niang a changé d’avis en septembre 2017. 

Un changement d’avis qui, aujourd’hui, lui permet de disputer la Coupe du Monde dans un la peau d’un titulaire. Un choix payant pour le joueur passé par Poissy puisque pour son premier match dans la compétition, il a réussi à débloquer son compteur face à la Pologne. « Je n’ai pour l’instant que neuf sélections, et si j’ai eu une adaptation facile c’est grâce au groupe, a déclaré Niang à la FIFA. Ils travaillent ensemble depuis trois ans, je suis arrivé en cours de chemin. Je me suis fait tout petit. J’ai juste cherché à apporter avec humilité mes qualités. » 

En Russie, Niang se sait très scruté. Par le peuple sénégalais, mais également par les clubs européens désireux de se l’offrir. Est-il encore performant ? Est-il encore un joueur à fort potentiel ? Peut-il encore exploser au plus haut niveau ? Tant de questions auxquelles tente de répondre l’international sénégalais. « Rien que faire partie des 23 joueurs sélectionnés, c’est une grande fierté pour moi, a enchaîné Niang. Démarrer un match de la Coupe du Monde en étant titulaire c’est à dire avoir la confiance du coach, c’est la chose la plus importante pour un footballeur. » D’autres clubs pourraient lui accorder la même confiance, à commencer par Nice…

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