Brésil-Belgique : Thiago Silva, le retour du monstre

Reuters

La déroute face à l’Allemagne en 2014, l’élimination incroyable contre le Barça en 2017… Si Thiago Silva a beau être l’un des meilleurs à son poste, tout n’a pas été rose ces dernières années. Le défenseur brésilien a essuyé beaucoup de critiques. La Seleção l’a longtemps snobé. En club, l’ancien du Milan AC a connu une baisse de régime. In fine, le solide et intouchable Thiago Silva a été pris par le doute et s’est montré vulnérable. Dans ces moments compliqués, deux solutions s’offrent à vous. Soit vous sombrez complètement et disparaissez progressivement des radars. Soit vous êtes un vrai champion et vous remontez la barre à force de travail et de remise en questions. En vrai champion, Thiago Silva s’est tourné vers la deuxième alternative. Le Brésilien a laissé l’orage passer même quand il était au plus fort de la tempête. Sa mise sur le banc lors du match aller contre le Real Madrid en Ligue des Champions est par exemple dure à accepter. Le Parisien n’a pas bronché et a redoublé d’efforts pour terminer parfaitement la saison.

Ce costume de patron retrouvé, Thiago Silva ne l’a pas quitté en Russie. Avec Diego Godin, il est tout simplement le meilleur défenseur de la compétition. Imprenable dans les airs, incroyable dans ses anticipations, parfait dans ses relances : Thiago Silva est redevenu le « O Monstro » de ses grandes heures pour le plus grand plaisir du Brésil. Pour faire simple, seule la Suisse a trouvé la faille sur corner depuis le début de la compétition. Un but qui aurait même dû être refusé pour une faute de Zuber sur Miranda. Absent en 2014 lors du fiasco contre l’Allemagne (7-1), l’actuel défenseur du Paris Saint-Germain a une occasion en or de refermer définitivement cet épisode douloureux. Et après avoir éliminé le Mexique (2-0), c’est la Belgique qui se présente en quarts de finale. Thiago Silva et la défense brésilienne seront mis à rude épreuve face aux Hazard, Lukaku, Mertens et autres De Bruyne… 

Preuve de son retour au top, la décision du sélectionneur Tite de lui confier le brassard de capitaine. Pour un joueur souvent critiqué pour son mental défaillant, cette décision ne peut lui faire que du bien. « Comme tout le reste du groupe, je suis très tranquille, a-t-il déclaré dans un entretien accordé au Parisien. Je me suis beaucoup préparé pour ce moment après tout ce que j’ai enduré après le Mondial au Brésil. Il n’y a que moi qui sais ce que j’ai vécu. Mais personne n’a besoin de me plaindre. Je ne veux pas entendre « oh le pauvre ». Ce que j’ai enduré, je l’ai mérité. » L’autocritique est limpide. Son envie de gagner, intacte. A bientôt 34 ans, Thiago Silva dispute-là sa dernière Coupe du Monde. La dernière chance de se débarrasser définitivement de ses anciens démons…