Afrique : Les tops et les flops

Reuters

Les tops...

Le Sénégal et le Maroc méritent bien évidemment de figurer au sommet de la colonne des "Tops". Ces deux mondialistes sortants, qui furent (avec le Nigeria) les meilleurs représentants continentaux lors de l'édition 2018, sont les premiers à avoir décroché leur qualification pour les barrages. La sanction d'un parcours sans-faute (4 match, 4 victoires), avec une qualité de jeu en progrès au fur et à mesure des rencontres. Si le Sénégal frappe par la continuité des choix d'Aliou Cissé, le Maroc bénéficie de la cure de jouvence apportée par Vahid Halilhodzic : les Imran Louza, Ilias Chair, Selim Amallah, Ryan Mmaee et autre Aymen Barkok ont largement fait oublier l'absence d'un certain Hakim Ziyech, témoignant de la qualité du réservoir marocain.

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Les trois autres mondialistes sortants (Égypte, Nigeria, Tunisie) restent en ballotage favorable. Battus à Lagos par la Centrafrique (0-1), les Super Eagles ont toutefois subi un coup d’arrêt, comme à un degré moindre les Aigles de Carthage, accrochés à Nouakchott par la Mauritanie (0-0). Désormais coachés par le Portugais Carlos Queiroz, les Pharaons se sont en revanche bien repris, battant à deux reprises la Libye, qui avait pris le meilleur départ dans leur groupe.

Deux victoires contre le Niger, dix buts marqués, un seul encaissé, voilà le bilan du mois pour l’Algérie. Les Fennecs enchaînent encore et toujours, cette fois contre un Mena national certes modeste mais qui avait en d’autres temps fait mordre la poussière à la génération 1982. Désormais sur une série de 31 matchs sans défaite, les hommes de Djamel Belmadi ont égalé le record de l’Argentine et se rapprochent du record mondial d’invincibilité détenu par l’Italie (37 matchs).

On ne les classera pas parmi les « Tops » pour le qualité de jeu, tant il y eut du flottement, mais le Cameroun et la Côte d’Ivoire ont réussi un sans-faute ce mois-ci, face respectivement au Mozambique et au Malawi. Entre ces deux équipes en reconquête, tout pourrait bien se jouer lors de la sixième et dernière journée, sur le terrain des Lions Indomptables. Un mano a mano similaire oppose dans leur groupe l’Afrique du Sud et le Ghana, deux autres anciens mondialistes. Chaud devant…

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On ne terminera pas sans saluer les victoires du Mali, qui a fait le plein contre le Kenya et caracole en tête de sa poule, de la Centrafrique, au Nigeria (0-1), et de Madagascar, contre la RDC (1-0). Ces deux dernières constituent de vraies bonnes surprises. Reprises en main par de jeunes techniciens, Raoul Savoy et Éric Rabesandratana, ces deux équipes bénéficient de la confiance faite aux jeunes joueurs basés localement.

… et les flops


Les mois se suivent et se ressemblent pour la RD Congo. Confrontés deux fois à Madagascar, les Léopards n’ont pris que trois points sur six, et n’ont pu profiter de la neutralisation du Bénin et de la Tanzanie (1 victoire chacun) dans ce groupe J qui semblait à leur portée. Si la première place du groupe est encore à portée de main, en cas de victoire aux deux matchs de novembre, la défaite subie à Antananarivo a mis en lumière les manques déjà entrevus précédemment. Dominés au milieu par la paire Raveloson-Ilaimaharitra, les coéquipiers de Cédric Bakambu n’ont pas montré grand-chose. Confrontée en outre à des absences répétées (Kakuta en tête), l’équipe nationale congolaise paraît à ce jour trop faible pour espérer ne serait-ce que les barrages. Nommé sélectionneur en mai dernier, Hector Cuper tarde à imprimer sa marque. Le technicien argentin se montre pour l’heure incapable d’amorcer la moindre dynamique positive.

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Avec trois nuls et une défaite, sans appel (4-1), contre le Maroc, la Guinée est également loin du compte. Le choix de Didier Six au poste de sélectionneur a tout d’un échec. Le mieux affiché dans le jeu contre les Lions de l’Atlas l’a été sous la direction de Kaba Diawara, qui suppléait pour l’occasion le Français, malade.

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La Mauritanie ne répond plus. C’est paradoxalement après le premier point pris par les Mourabitounes dans cette campagne éliminatoire, dimanche à Nouakchott face à la Tunisie (0-0), que les instances du pays ont décidé de se séparer de Corentin Martins, qui avait prolongé son contrat jusqu’en 2023. Officiellement, ce limogeage vient sanctionner des résultats en deçà des objectifs assignés au coach : après quatre journées, la Mauritanie est hors-course pour les barrages. Au-delà, parmi les griefs formulés en haut lieu à l’égard du sélectionneur déchu, une qualité de jeu déliquescente et un certain immobilisme dans les choix. Les instances mauritaniennes ont préféré trancher dans le vif afin de prendre un peu d’avance sur la préparation de la prochaine CAN, pour laquelle Martins l’avait pourtant qualifiée.

 

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