GP de Styrie : Hamilton, Verstappen, Ferrari... Retour sur la course en questions

Reuters

Est-ce qu’il y aura un vrai challenger pour Mercedes cette saison ?

SANS DOUTE PAS. Deux courses et déjà deux victoires quasiment sans coup férir pour les Flèches d’Argent, recolorées en noir cette saison. Si Alexander Albon, au prix d’une bonne stratégie et d’un certain conservatisme des pilotes Mercedes, avait une chance de priver Valtteri Bottas de la victoire lors du Grand Prix d’Autriche s’il n’avait pas été mis hors-piste par un Lewis Hamilton à la peine avec des gommes moins performantes, Lewis Hamilton était intouchable lors du Grand Prix de Styrie. Une course qu’il a menée à son rythme... d’enfer et qui laisse nettement à penser que, sauf circonstances exceptionnelles, la W11 est une arme fatale prête à l’emporter à chaque sortie. Certes, la saison ne fait que commencer mais voir Valtteri Bottas devancer de 25 points Charles Leclerc, de 28 points Max Verstappen et voir Lewis Hamilton n’accuser un retard que de six longueurs après deux étapes donne déjà une tendance qui pourrait être lourde en cette année 2020 si particulière. Si Mercedes ne tombe pas de haut dès la Hongrie le week-end prochain, la résignation pourrait très vite gagner le paddock.


La stratégie de Verstappen aurait-elle pu payer ?

NON. Pris en sandwich par les deux Mercedes une fois le premier tour achevé, Max Verstappen n’avait pas le rythme pour espérer rattraper Lewis Hamilton et distancer durablement Valtteri Bottas. C’est pour cela que l’écurie Red Bull Racing a fait un pari, celui de faire passer aux stands le Néerlandais très tôt dans la course pour chausser des pneus medium, espérant faire réagir l’une ou l’autre des Flèches d’Argent. Or, en toute placidité, les deux pilotes Mercedes n’ont pas du tout paniqué, ont déroulé leur plan et les dix tours de décalage entre les arrêts de Verstappen et de Bottas ont été payants en fin de course pour le Finlandais. Avec des pneus bien plus frais, il n’a fait qu’une bouchée de son adversaire dans les derniers tours de course. Ce dernier a ensuite tenté le « plan F », c’est à dire rentrer aux stands pour chausser des pneus tendres neufs et chasser le point du meilleur tour en course mais, empêtré dans le trafic, il n’a pas pu faire mieux que la marque de Carlos Sainz Jr dans les deux derniers tours de course. Du point de vue de la stratégie, Verstappen et Red Bull Racing ont clairement eu tout faux !


Qu’est-ce qui se passe chez Ferrari ?

RIEN NE VA PLUS ! Mattia Binotto et ses pilotes n’ont pas cherché à cacher la réalité : la SF1000 est mal née et son moteur a très nettement perdu en puissance. Egalement motorisé par Maranello, Romain Grosjean a résumé la chose dans des propos recueillis par F1i à l’issue du Grand Prix d’Autriche. « Depuis les essais hivernaux, on sait que lorsqu’on passe en mode qualifs, ça ne pousse pas autant que l’an dernier, résume le pilote Haas. Cela nous a vraiment choqués en qualifications, pas tant en course, mais le samedi il y avait une grosse différence. » Une perte de puissance qui s’explique très facilement par l’accord secret noué entre la Scuderia et la FIA concernant la supposée illégalité du moteur italien la saison dernière. Il est facile d’en déduire que, effectivement, Ferrari a contourné les règles en 2019, sans doute celle sur le débit maximal autorisé. Sans cet artifice, le moteur conçu à Maranello a perdu quasiment 60 chevaux selon certains bruits de paddock. Ceci explique en partie cela... Et s’il faut en plus que les deux pilotes s’éliminent eux-mêmes de la course dès le premier tour, la situation ne risque pas de s’améliorer.


Sans son abandon, Ocon pouvait-il espérer un bon résultat ?

OUI, DANS LES POINTS. Même si son rythme en début de course en pneus tendres était moins bon que celui de Daniel Ricciardo en pneus medium, Esteban Ocon avait toutes les armes pour finir une deuxième fois de suite dans le Top 10 après un retour réussi pour celui qui était resté 18 mois sans prendre le départ d’un Grand Prix. Mais ce que ce Grand Prix de Styrie a confirmé, c’est la capacité du Normand à briller sous la pluie. Sa cinquième place lors des qualifications est du même acabit que sa troisième place dans le même exercice en Belgique lors de la saison 2018, sous les couleurs de Force India. Si, par chance, un Grand Prix devait se dérouler dans des conditions humides, Renault aurait une carte à jouer pour espérer aller chercher mieux que la quatrième place de Daniel Ricciardo en Italie la saison passée, le meilleur résultat de l’écurie française depuis son retour comme constructeur.


Onzième sur la grille, Russell a-t-il laissé passer l’occasion de faire un résultat probant ?

NON. Il faut être honnête, la 12eme place de George Russell lors des qualifications est un miracle qui doit plus au talent du pilote qu’au potentiel de sa Williams. La FW43, comme sa devancière, est la monoplace la moins performante du plateau même si elle a réduit l’écart sur la concurrence, et notamment sur Haas et Alfa Romeo Racing, qui pâtissent du manque de tonus du moteur Ferrari. S’il a su se maintenir dans le peloton lors des premiers tours de course, le Britannique aurait irrémédiablement chuté dans la hiérarchie comme son coéquipier, le rookie Nicholas Latifi. Au final, la 16eme position reste le résultat le plus logique que George Russell pouvait espérer lors de ce Grand Prix de Styrie.


Pirelli aurait-elle pu amener des gommes différentes, plus tendres ?

OUI. Alors qu’en Formule 2 et Formule 3, Pirelli a joué deux cartes différentes lors des Grands Prix d’Autriche et de Styrie, la donne est restée la même en Formule 1. Pirelli a misé à chaque fois sur les gommes de milieu de gamme alors que la possibilité d’apporter des gommes plus tendres pour la deuxième épreuve, sur un circuit reconnu pour ne pas être abrasif, n’aurait pas dû être écartée. A trop vouloir jouer la sécurité, le manufacturier italien a laissé les écuries dans le confort et on pourrait presque dire merci à la pluie d’être venue rebattre les cartes lors des qualifications ! Heureusement, pour les deux courses à Silverstone, Pirelli va remodeler son allocation avec des gommes un cran plus tendres pour le Grand Prix du 70eme anniversaire par rapport au Grand Prix de Grande-Bretagne.