F2 : Les conclusions du décès d'Hubert sont tombées

Les conclusions de l'enquête sur l'accident mortel de Spa-Francorchamps du 31 août dernier étaient vivement attendues, elles sont tombées vendredi. Et il s'avère à la lecture de cette synthèse qu'aucun des trois autres pilotes impliqués dans ce terrible crash qui avait coûté la vie à Anthoine Hubert (n°19) n'est responsable. Le rapport dédouane en effet pleinement l'Américain Juan Manuel Correa (n°12), grièvement blessé dans cet accident, le Suisse Ralph Boschung (n°21) comme le compatriote d'Hubert Giuliano Alesi (n°20). Ce dernier, victime d'une sortie de piste, avait été à l'origine des accrochages qui avaient suivi et abouti sur ce choc d'une violence extrême, la monoplace de Correa étant venu percuter de plein fouet la voiture d'Hubert, presque à l'arrêt après avoir heurté celle de Boschung au préalable. D'après les conclusions de cette enquête diligentée par la FIA et présidée par le professeur Gérard Saillant, il ressort que la sortie de piste d'Alesi a été provoquée par « une perte de pression interne du pneu arrière droit » du Français. Pour la FIA, le décès d'Anthoine Hubert est dû à un « un traumatisme mortel généré par un niveau d'énergie transféré excessivement important ». L'instance n'évoque d'ailleurs « aucune cause spécifique » mais uniquement « un enchaînement d'événements ayant généré une séquence d'accident longue et complexe ». Une séquence fatale au malheureux Anthoine Hubert, démuni de son aileron avant dans un premier temps après avoir touché l'arrière de la voiture de Boschung.

« Une vitesse de 218 km/h, alors que la monoplace était quasiment à l’arrêt »


Le rapport relate ensuite dans les plus infimes détails comment le Français « a perdu le contrôle pour aller heurter la barrière du côté droit de l’aire de dégagement à la sortie du virage 4, qu’il a percutée selon un angle d’environ 40 degrés à une vitesse de 216 km/h, générant une force maximale équivalente à 33,7 g  », puis comment sa monoplace a « été éjectée et a poursuivi sa route dans le sens de la course tout en pivotant sur elle-même, de sorte que le côté gauche du châssis faisait face aux voitures arrivant dans l’aire de dégagement du virage 4. » Une poignée de secondes plus tard (1,6 second très exactement), Correa venait frapper Hubert « selon un angle d’environ 86 degrés et à une vitesse de 218 km/h, alors que la monoplace d’Anthoine Hubert était quasiment à l’arrêt. » « La voiture #12 (Juan Manuel Correa) et la voiture #19 (Anthoine Hubert) ont subi respectivement une force maximale équivalente à 65,1 g et 81,8 g. À la suite de cette collision, la voiture d’Anthoine Hubert a accéléré à 105,4 km/h et heurté la barrière une seconde fois avant de rebondir vers la piste. » Il n'y avait alors visiblement pratiquement plus aucune chance de revoir le pilote lyonnais vivant. « Seize secondes après le déploiement du drapeau rouge, un incendie s’est déclaré sous la voiture #12 (Juan Manuel Correa) en raison d’une fuite de carburant. Cet incendie a été éteint par un commissaire de piste en l’espace de deux secondes. Il a été procédé à la première évaluation sur place de l’état de santé de Juan Manuel Correa 69 secondes après le drapeau rouge. La première équipe d’extraction est arrivée sur les lieux 2 minutes après l’accident. » Hubert est finalement décédé une heure et demie après l'accident.