Les Bleues peuvent voir loin

Ne jamais rater ses débuts de match. Les Bleues, concentrées et appliquées, ont battu la Suède (71-65) en réussissant un excellent premier quart-temps, parvenant ensuite à maintenir l’écart d’une dizaine de points jusqu’au bout de la rencontre. Tout en se permettant, grâce à ce petit matelas, de pouvoir relâcher un peu la bride sans dommage sur la fin. L’entame de cet Euro continue donc de se dérouler à la perfection pour les joueuses de Valérie Garnier, qui sont les seules avec l’Espagne et la Serbie à afficher trois victoires en autant de matches. Tout est bien qui finit bien, car on a eu peur pendant très longtemps que les Françaises soient obligées de se coltiner les Serbes, jeudi en quarts, chez elles à Belgrade (où la compétition finira à partir de ces quarts de finale).

Car la Serbie a été menée presque tout le match par la Belgique, avant de s’imposer sur le fil (70-66). Or une deuxième place aurait été synonyme de huitième de finale contre la Slovénie, puis de potentiel quart face à la France. Au lieu de quoi, les Bleues ne sont dans la moitié de tableau ni de la Serbie, ni de l’Espagne, ni de la Russie. Elles affronteront donc jeudi la Slovénie ou la Belgique. Dès la fin du premier quart, un ultime panier de Bria Hartley au buzzer permettait aux Bleues de compter huit points d’avance (17-9). Et la différence est donc longtemps restée très stable: +10 à la pause (35-25), +10 encore après le troisième quart (51-41).

Miyem: "Si on était déjà parfaites, ce ne serait pas drôle !"

La réussite offensive, heureusement, était encore là dans les moments chauds du "money time". A chaque fois que la Suède revenait à six points, des paniers de Chartereau (60-52, 38e), Olivia Epoupa à trois points (63-54, 39e) ou Valériane Ayayi également derrière la ligne (66-56, 40e) ont maintenu les Françaises en patronnes. Il le fallait face aux grosses statistiques adverses, avec Elin Eldebrink à 18 points ou Amanda Zahui à 13 points-14 rebonds, quand les vice-championnes d’Europe se limitent à Sandrine Gruda à 16 points (et six rebonds), Bria Hartley à 13 points ou Olivia Epoupa à 10 points et sept passes. Marine Johannès a été assez transparente, alors qu’on a retrouvé une Valériane Ayayi plus impactante.

"La coach nous parle à chaque fois d’objectif intermédiaire, donc je lui ai fait un petit clin d’œil, sourit la capitaine Endy Miyem sur Canal+ Sport. Je nous ai félicitées, car ce fameux objectif intermédiaire est accompli. C’est très bien de gagner quelques jours de repos. Il y a toujours notre petit péché mignon des rebonds qui pose problème, alors qu’on défend fort… Mais c’est compliqué de le faire deux ou trois fois de suite quand on rend le ballon. Mais si on était déjà parfaites, ce ne serait pas drôle !" Et au risque de se répéter, ça le sera beaucoup plus de retrouver la Belgique (ou la Slovénie, donc) que la Serbie, puis potentiellement la Hongrie, le Monténégro ou la Grande-Bretagne en demies.