La Bosnie-Herzégovine, un match sans enjeu mais pas inutile pour les Bleus

Pour la première fois au XXIe siècle, l'équipe de France ne participera pas au tour principal d'un championnat d'Europe de handball. Une véritable déception. Le faux-pas inaugural contre le Portugal a été fatal. La réaction d'orgueil contre la Norvège insuffisante. Désormais, c'est la Bosnie-Herzégovine, la seule autre nation sans victoire dans le groupe D, qui se présente sur la route des hommes de Didier Dinart. Une rencontre sans enjeu qu'il faudra aborder de la bonne manière.

Si la qualification est désormais hors de portée, c'est l'honneur des Français qui est en jeu dans cette rencontre entre éliminés. Une victoire est impérative face à une nation novice à ce niveau. Les Bleus se doivent d'être revanchards pour terminer cet Euro raté sur une bonne note. Pour l'instant, il n'y a que l'ampleur de l'échec tricolore qui peut être retenu de cette compétition. Mais ce match contre la Bosnie est l'occasion d'en tirer quelque chose d'autre. Quelque chose de bénéfique. C'est obligatoire à la vue des échéances internationales qui approchent. Dès le mois d'avril, les partenaires de Nikola Karabatic vont devoir passer par un dangereux TQO pour espérer voir les Jeux olympiques de Tokyo.


Une confiance à retrouver


Pour préparer au mieux ce tournoi prévu à Paris, les Experts ont tout intérêt à gagner contre la Bosnie-Herzégovine. Et avec la manière. Ces derniers mois, il y a eu beaucoup trop de déchets dans le jeu offensif français. En attaque, les systèmes ont parfois été trop stéréotypés et les joueurs issus des différentes générations n'ont pas réussi à s'unir pour ne faire qu'un. Les forces de l'équipe de France lors de la dernière décennie ont causé sa perte à l'entame des années 2020. Mais il n'est pas trop tard pour repartir de l'avant.

En 2012, les Français n'avaient pas réussi à atteindre le top 10 européen avant de monter au sommet de l'Olympe huit mois plus tard. Pour pouvoir avoir de telles ambitions, la crise actuelle doit se terminer au plus vite. Excepté ce match contre la Bosnie, les occasions d'intégrer les jeunes ne seront pas nombreuses. Les opportunités de retrouver confiance non plus. Et du haut de son énorme expérience, Nikola Karabatic le sait. « Je ne pense pas qu’il faille tout jeter. Il faut retravailler, rebâtir la confiance individuelle et collective, c’est un gros chantier ».

Dominer largement la nation des frères Buric ce mardi est le meilleur moyen d'y parvenir. Senjamin le pivot de Nantes et Benjamin, le gardien de Flensburg sont indissociables de la belle aventure bosnienne. Mais Bilal Suman peut aussi compter sur une redoutable paire d'arrières. Marko Panic et Nikola Prce ont marqué 19 des 50 buts d'une équipe dont la fédération peine à assumer financièrement la qualification à cet Euro. Le défi qui attend maintenant les coéquipiers de Nedim Remili n'est peut-être pas le plus doré, mais il est le plus important.