Nahi : « C’était le meilleur choix »


Comment se sont passés vos premiers pas dans cette ville et cette équipe de Kielce ?
Franchement, c’est cool. Bon, c’est le début, c’est toujours un peu difficile, parce que tu découvres tout. Mais franchement, c’est super, rien à dire. Honnêtement, ce n’est pas Paris, mais je ne pensais pas que ce serait aussi bien. Je me plais vraiment ici. Après, au niveau de la langue, je ne vous cache pas que je suis nul (rires). Je ne maîtrise pas encore, mais ça va venir. Dans l’effectif, tout le monde parle anglais, et quand le coach voit que j’ai du mal (à comprendre), il donne les instructions en anglais, donc ce n’est pas un problème. Maintenant, le but, c’est d’apprendre la langue ici, histoire de pouvoir être bien intégré. Mais à force d’entendre les mots, je commence à m’y faire.

Et sur le plan des résultats, comment se sont passées vos premières sorties ?
C’était un peu mitigé. C’est la première fois que je change de club et je sais maintenant que l’adaptation est quelque chose de très important. Je suis bien dans ce groupe, je me suis bien adapté. On a perdu notre premier match de Ligue des Champions, on fait un faux-pas. Mais ensuite, tout a été positif : on a gagné nos deux matchs de championnat et de Ligue des Champions, on n’a rien perdu, c’est bien.

Y a-t-il beaucoup de similitudes entre cette équipe de Kielce et celle du PSG que vous avez quittée à l’issue de la saison dernière ?
Non, dans le jeu c’est assez similaire. Les deux coachs sont deux coachs espagnols avec la même philosophie de jeu. Ce qui fait que je n’ai pas eu trop de mal à m’adapter.

Comment en êtes-vous arrivé à quitter le PSG ?
J’ai signé il y a deux ans, parce qu’à l’époque, ma situation à Paris n’en était pas vraiment une, justement. Je ne faisais pas partie des plans à ce moment-là et je n’étais pas bien dans ma tête. Alors quand une personne m’a mis en contact avec le club de Kielce, ça s’est fait et j’ai signé ici avant la fin de mon contrat à Paris.

Nahi : « C’est mon club de cœur, c’est vrai, mais ça reste ma vie »


Quitter le PSG, le club de vos débuts et de votre cœur, cela n’a pas dû être une décision facile à prendre ?
Franchement, si, parce qu’à ce moment-là, vu que je n’étais pas dans les plans, il fallait que je pense à ma carrière avant tout et que je prenne une décision. C’est mon club de cœur, c’est vrai, mais ça reste du sport et ma vie. Et pour l’instant, je n’ai pas de regrets et j’espère que j’ai fait le meilleur choix. Je suis vraiment content de ce choix.

A Paris, en 2019, étant donné votre situation, vous ne pouviez vraiment plus rester ?
Oui, à ce moment-là, oui. Après, ma situation a changé : j’ai eu de temps de jeu, j’ai joué beaucoup de matchs… Mais il y a deux ans, quand j’ai signé (à Kielce), c’était le choix à faire. J’ai eu l’opportunité, je l’ai saisie.

En sachant les deux années qui vous attendaient ensuite au PSG, auriez-vous fait le même choix ?
C’est difficile à savoir. Peut-être que je n’aurais pas kiffé (sic), peut-être, au contraire, que ça ne se serait pas bien passé et que j’aurais voulu partir. Tout est une question de négociations. Il ne faut pas jouer pour rien. Tout ça, ça rentre en compte. Franchement, je ne sais pas. Le problème, c’est qu’il peut se passer énormément de choses en deux ans, comme la situation peut aussi ne pas se décanter. Ce qui veut dire que la situation aurait très bien pu rester la même et que moi, j’aurais pu rester à Paris sans jouer. Je ne pouvais pas savoir ce qui allait arriver, c’est pour ça que j’ai pris la décision de partir, et je ne le regrette pas.

Pourquoi aviez-vous choisi Kielce ? D’autres clubs devaient vous avoir sollicité…
A l’époque, non, vraiment pas. J’ai été un peu sollicité ensuite, mais mon contrat était déjà signé. Ce club m’a fait confiance alors que j’étais très jeune (19 ans) et que je n’avais pas beaucoup de temps de jeu. C’est une chance, que je dois leur rendre.

Avec quels objectifs êtes-vous arrivé à Kielce ?
Les mêmes qu’à Paris, en vérité. J’ai envie de m’imposer ici et de gagner des titres, surtout, car c’est ça le plus important (Il insiste) Oui, c’est vraiment ça qui compte pour moi : gagner des titres.

Nahi : « La déception du TQO ? S’en servir pour être plus fort »


Votre objectif est-il aussi de vous installer progressivement en équipe de France. Ce qui n’est pas le cas pour le moment.
Oui, bien sûr. Quand j’étais au PSG, mon objectif, c’était de m’imposer au PSG. Ce que j’ai réussi à faire et j’en suis fier. Maintenant, l’objectif, c’est de m’imposer à Kielce et aussi de gagner ma place en équipe de France, parce que je pense que j’ai les capacités pour le faire. Après, le vouloir, c’est bien, maintenant, il faut que je le fasse. Je suis pressé.

L’expérience mise à part, que vous manque-t-il selon vous pour pouvoir gagner votre place en équipe de France ?
Je ne sais pas. Après, le but, c’est d’être le meilleur possible à chaque fois. Il n’y a pas de secret. Il faut surtout être régulier. L’équipe de France, ce sont les meilleurs joueurs, donc tout le monde veut sa place.

Vous faisiez partie du groupe qui a disputé le TQO en mars dernier, sans pour autant avoir été conservé pour le tournoi olympique de Tokyo. Cela n’a pas dû être facile à digérer ?
C’est une déception, c’est certain, puisque j’avais fait la préparation. Maintenant, il faut que ça soit aussi une force. Je sais que je n’ai pas été pris pour cette campagne. A moi de toute faire pour être pris pour les suivantes. Après, c’est le sport. Tu ne peux pas toujours gagner, tu ne peux pas toujours être sélectionné. Ça reste une sélection, avec de très bons joueurs en face. Il faut se servir de ça pour être plus fort.

Vous pouvez également vous servir de cette envie que vous avez peut-être de faire regretter au PSG de ne pas vous avoir fait confiance plus tôt…
Oui, ça peut aussi être une force. Après, moi, je ne pense pas que je doive jouer pour prouver des choses aux gens. En tout cas, moi, c’est comme ça que je réfléchis. Quand je joue, c’est vraiment pour moi, pour mon plaisir, pour me dépasser, car j’ai envie d’être meilleur tout simplement. Je n’ai pas envie de prouver. Je ne joue pas pour les gens, je joue pour moi. Après, c’est sûr que si je fais de bons matchs, peut-être que cela leur montrera quelques trucs. En tout cas, ce n’est pas mon but à moi de leur montrer quelque chose. Mon but, c’est de jouer pour moi et d’être le meilleur.

Et de gagner la Ligue des Champions, une compétition qui vous tient à cœur mais que vous n’avez pas gagnée encore…
Oui, car c’est comme une guerre. Tu joues contre les meilleures équipes du monde, les meilleurs joueurs du monde, les meilleurs coachs. En plus, dans des salles pleines. La Ligue des Champions, c‘est la meilleure des compétitions.

Nahi : « Je n’étais pas un talent au départ »


Vous êtes issu d’un quartier où il n’était pas question de handball. Comment vous êtes-vous retrouvé handballeur ?
Il faut savoir qu’à la base, quand j’étais plus jeune. Je faisais du hand et du basket, et je voulais faire du basket. Mais un jour, en allant à un entraînement que je pensais être un entraînement de basket, je me suis retrouvé à un entraînement de hand. J’ai découvert vraiment le hand ce jour-là, et j’y suis resté. Après, ça n’a pas non plus été un problème, puisque j’en avais déjà fait avant. Au début, je faisais les deux sports avec l’école. Je faisais de tout en fait. Le hand, ça me plaisait bien. Je n’étais pas contre faire du basket, mais j’aimais bien le hand. Et aujourd’hui, je ne regrette pas d’avoir fait ce choix (rires). C’est clair que dans mon quartier, ils étaient plus foot que hand. Mais mes potes ont vite compris en grandissant que j’étais bien dans ce que je faisais.

Etiez-vous tout particulièrement doué pour le hand ?
Quand tu es petit, tu ne sais pas trop. Moi, en ce qui concerne, c’est vraiment le travail et les entraînements qui m’ont permis d’en arriver là. Je ne pense pas que j’étais un talent dès le départ. J’ai progressé ensuite grâce à mes coachs, aux entraînements. C’est comme dans tous les sports, il n’y a que le travail qui paye.

Avez-vous fait plusieurs postes avant de vous fixer à ce poste d’ailier gauche ?
Oui, j’ai vraiment fait tous les postes et j’ai fini à l’aile. C’est mon coach de Pôle Pascal Person qui m’a mis à ce poste-là. Je m’y sens bien. Ce qui me plaît ? C’est de pouvoir finir les actions. Après, j’ai un physique qui me permet aussi de défendre au poste 2. C’est ça qui me plaît : de pouvoir être utile partout. En défense comme en attaque.

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