Amélie Goudjo : « Pas injouable pour Metz »

Reuters

Amélie Goudjo, Metz est la première équipe française à disputer le Final Four…

C’est une performance incroyable ! Il y a cinq, six ans, on se disait que c’était quasiment impossible ou du moins qu’on était très loin d’y arriver. Au final, Metz a réussi à construire quelque chose d’assez solide ces dernières années avec une belle ossature et l’arrivée du coach Emmanuel Mayonnade. La mayonnaise a pris. J’ai pu suivre leur évolution ces dernières années avec Xavier Hamel (journaliste Hand beIN SPORTS) et c’est vraiment incroyable. Il faut savoir qu’au niveau budget, Metz est très loin des autres clubs. 

Les succès des Bleues ont-ils eu une INFLUENCE sur cette performance ?

Oui bien sûr, c’est aussi lié aux succès de l’équipe de France. Metz, c’est tout de même l’ossature des Bleues qui sont championnes du Monde et d’Europe. A Metz, il y a 8 joueuses de l’équipe de France, ce n’est pas anodin. Les filles évoluent ensemble au quotidien. C’est un avantage dont tire profit également l’équipe de France. Elles ont des automatismes. Ces filles ont joué récemment pas mal de grandes finales et du coup, elles ont aujourd’hui l’habitude des grands rendez-vous à forts enjeux. Après le Final Four, c’est quelque chose d’exceptionnel à vivre et particulier à aborder. La pression sera énorme. C’est le rendez-vous le plus regardé dans le handball européen. Il y aura tout le gratin. Si tu n’as pas pris l’habitude de t’écarter du regard des autres, de la pression, ça peut être compliqué. Il faudra savoir gérer la pression. Avec le dernier Euro en France, les joueuses messines ont déjà quelques billes intéressantes pour gérer au mieux. 

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Quel bilan faites-vous du parcours de Metz avant le Final Four ?

Elles ont éliminé Bucarest en quarts cette année mais c’est un peu particulier car Bucarest a eu beaucoup de blessées. Elles ont néanmoins pris leur revanche par rapport au match de l’année dernière au même stade. A l’époque, elles avaient perdu lourdement et c’était la grosse désillusion. Chaque année, cette équipe franchit un cap en plus. La première année, il fallait se hisser au tour principal, elles l’ont fait. Ensuite, elles ont atteint les quarts et aujourd’hui, elles sont au Final Four. Le parcours est génial cette année. A domicile, personne ne les bat. Elles ont même réussi à gagner à Rostov et c’est très compliqué. Elles ont impressionné tout le monde.   

Quelles sont les forces de cette équipe ?

C’est le collectif même s’il y a quelques grosses individualités. On peut parler de Xenia Smits qui est pour moi la meilleure joueuse actuelle. C’est une Allemande qui est très complète en attaque et en défense. On a aussi Grace Zaadi en demi-centre qui est le métronome de l’équipe. L’autre force, ce sont les doublures qui sont plus que des doublures. A chaque fois que les doublures entrent sur le terrain, tu ne vois aucune baisse de régime. Le coach peut utiliser 14 filles sans problème qui auront le même rendement. C’est un atout majeur. La grosse force de cette équipe c’est aussi une grosse défense avec un jeu rapide en contre-attaque. C’est l’équipe la plus complète du Final Four. 

Elles vont affronter Rostov en demi-finales. Est-ce jouable ?

Elles ont déjà battu deux fois Rostov cette saison. On se dit que la troisième fois, ça va peut-être tourner (rires). Metz va affronter l’ossature de l’équipe de Russie qui a affronté les Bleues en finale de l’Euro. Ce n’est pas un hasard. Dans ce Final Four, on retrouve la France, la Russie, la Norvège… Dans cette équipe de Rostov, on va retrouver par exemple la MVP du dernier Euro, Anna Viakhireva. On aura un scénario complexe et hyper serré. Ce n’est pas injouable mais ça sera compliqué. Le coach de cette équipe, Ambros Martin, est également un ancien de de Gyori, l’un des clubs les plus titrés sur la scène européenne. Ce sont les deux meilleurs coachs qui s’affrontent.