Mollema, duc de Lombardie

Reuters

Il fait partie des coureurs toujours placés, mais rarement gagnants. C'était son jour, un samedi d'automne, et Bauke Mollema en a profité pour aller décrocher la plus belle victoire de la sa carrière, le Tour de Lombardie, cinquième et dernier Monument de la saison cycliste. Alors qu'on attendait un duel entre le vainqueur du Tour de France Egan Bernal et le vainqueur de la Vuelta Primoz Roglic, qui avaient tous les deux levé les bras cette semaine dans les courses de préparation (le Tour du Piémont pour le Colombien, les Trois Vallées Varésines pour le Slovène), c'est donc le Néerlandais qui est sorti du chapeau, vainqueur au terme d'un joli numéro de 18 kilomètres en solitaire sur les bords du lac de Côme.

 

 

Certes, Mollema a profité du fait qu'il voyageait sans la pancarte de favori, malgré ses bons résultats de la semaine (4e du Tour d'Emilie, 5e du GP Bruno Beghelli, 7e de Milan-Turin), pour s'extraire sans dommage dans le Civiglio et profiter du marquage entre les leaders pour prendre assez vite une trentaine de secondes d'avance. La suite, le Néerlandais la doit à une chasse désorganisée et surtout à ses jambes, qui lui ont permis de ne pas céder un pouce de terrain, ou presque, lors des tentatives de contre de Pierre Latour (AG2R-La Mondiale) ou encore de Roglic. Le Slovène de la Jumbo-Visma est sorti du groupe de poursuivants à 10 kilomètres de l'arrivée, écrasant les pédales pendant quelques hectomètres avant de coincer, incapable de se mêler à la lutte pour le podium. Au contraire de l'éternel Alejandro Valverde, deuxième devant Bernal, son cadet de 17 ans.

Côté français, en l'absence de Thibaut Pinot le vainqueur sortant, ainsi que de Julian Alaphilippe et Romain Bardet, qui ont tous mis un terme à leur saison, les regards étaient braqués vers David Gaudu. Le prometteur grimpeur de poche de la Groupama-FDJ était dans le coup jusqu'au Civiglio, sans disparaître par la suite, mais sans pouvoir peser. C'est donc Latour qui a été le plus en vue, un temps deuxième derrière Mollema, avant de décrocher à l'arrivée une belle 9e place, juste devant Rudy Molard (Groupama-FDJ) et Gaudu (11e). Avec leurs moyens du jour, il n'y avait pas forcément mieux à espérer.