Deceuninck-Quick Step : Pour Lefévère, ce n'est pas encore le bon moment pour qu'Alaphilippe vise le Tour de France

Après une année 2019 où il a ébloui le cyclisme mondial, Julian Alaphilippe sera attendu tout au long de l’année 2020. Longtemps porteur du maillot jaune, vainqueur de deux étapes dont le contre-la-montre de Pau, le coureur de la formation Deceuninck-Quick Step pourrait revoir à la hausse ses ambitions sur la Grande Boucle, qui s’élancera de Nice pour un parcours à l’accent très montagneux le samedi 27 juin. Mais, à entendre son patron Patrick Lefévère, l’ambition de ramener le maillot jaune sur les Champs-Elysées, ce n’est pas pour maintenant. « Les Français espèrent qu'il fera le classement général, mais moi je suis contre ça. Peut-être quand il aura 30 ans, mais pour le moment, non, assure le patron du Wolfpack dans un entretien accordé à Cyclism’Actu. Il peut gagner le Tour de Lombardie, le championnat du monde, toutes ces courses-là avant d'essayer le général. Miser sur le classement général du Tour de France, ce n'est pas une petite chose. Il faut le préparer pendant neuf mois et mettre de côté les autres courses pour peut-être finir sixième et s'entendre dire que c'est un échec. »

Le Tour des Flandres, une idée qui ne convainc pas Lefévère


A l’occasion de la remise du Vélo d’Or, Julian Alaphilippe a confirmé sa présence, pour la première fois de sa carrière, au départ du Tour des Flandres le 5 avril prochain. Un monument qui viendra s’ajouter à son programme du début de saison, qui fera la part belle à Milan-Sanremo et aux classiques ardennaises. Cette participation du Français dans une course qui, par tradition, est un objectif majeur de l’équipe Deceuninck-Quick Step, n’a pas les faveurs de Patrick Lefévère. « Je ne suis pas un grand fan de cette décision, mais bon, on peut rarement refuser quelque chose à Julian. Il ne faut pas oublier que nous allons toujours au Tour des Flandres pour gagner, et quand vous emmenez Julian, vous partez avec six coureurs plus un, résume le dirigeant belge. On ne peut pas lui mettre la pression, mais on ne peut pas non plus lui demander de faire l'équipier. Mais, de toute façon, il n'y a pas de secret, c'est les jambes qui parleront dans le final. »

Evenepoel face à une deuxième année toujours compliquée


La saison 2020 sera également l’occasion pour l’équipe Deceuninck-Quick Step de parfaire la pépite qu’est Remco Evenepoel. Vainqueur de la Clasica San Sebastian cette année, le Belge sera dans une année de confirmation et c’est ce que craint Patrick Lefévère. « J'ai toujours pensé que la deuxième année professionnelle était toujours plus difficile que la première. Il faut confirmer, et puis maintenant ce ne sera plus une surprise, résume le patron de l’équipe belge. Quand il attaquera, les autres réagiront plus vite, donc on verra comment il va gérer ça. Mais c'est sûr que les courses qu'il a gagnées, ce n'était vraiment pas par hasard. » Ce qui est certain, c’est que le champion d’Europe du contre-la-montre impressionne tout le monde, même son patron : « J'ai dirigé beaucoup de très grands coureurs, mais à cet âge, c'est peut-être le meilleur, oui ». Avec un effectif remodelé, qui a perdu des coureurs comme Elia Viviani ou Enric Mas tout en récupérant Sam Bennett, Patrick Lefévère assure espérer une grande saison 2020. Aux coureurs de faire le nécessaire sur la route.