Barguil : « Ce serait con de tout mettre par terre ! »



Sur les réseaux sociaux récemment, Warren Barguil (28 ans) avait déjà appelé le public à respecter les gestes barrière. Pour le coureur breton de l'équipe Arkéa-Samsic, il en va non seulement de la santé des Français mais aussi de cette saison de vélo fortement retardée, qui ne pourra aller à son terme que si les gens prennent conscience de l'importance de se montrer discipliné tandis que le coronavirus continue de se propager. « Ca tient un peu de la survie du sport à la télé en direct les prochains mois, que ça soit nous ou le football. C’est pour ça que c’est important qu’il y ait cette distance sociale et les masques. » Et sur ce qu'a pu constater le cycliste ces derniers jours encore, c'est loin d'être le cas, à l'entendre. « Mais c’est vrai que dans le train ou des choses comme ça, quand je vois quelqu’un qui ne porte pas son masque alors que c’est obligatoire, j’ai envie de me lever et de lui foutre une beigne (sic, rires). C’est obligatoire, mais les gens ne veulent juste pas respecter, et après, ce sont les premiers à pleurer parce qu’il n’y a pas de masque. C’est ça qui m’énerve. En France, on se plaint beaucoup, sur plein de choses, et une fois que l’on a tout, on ne respecte pas les règles. On s’est plaint qu’il n’y avait pas assez de masques, et certaines personnes ne le portent pas, c’est nul ! Il y a des règles qui sont fixées, il faut attendre les suivre et attendre. De toute façon, ça ne peut pas être pire que de ravoir un confinement », estime Barguil, qui se veut positif. « Je suis plutôt du genre à me dire que ça ira mieux dans les prochains mois et que ça va vite s’arrêter. »

Barguil : « Peur que l’on me dise avant le Tour : ''Tu es sur la touche !'' »


Pour que cela soit le cas, le grimpeur arrivé deux fois dans le Top 10 du classement final du Tour de France (en 2017 et 2019) se fait violence, quitte à prendre ses distances même avec ses proches et à casser ses habitudes. En espérant aussi montrer l'exemple à ses fans, quelque part. « Ce n’est pas facile. Même avec ma famille et les membres de l’équipe, on évite de ne pas se faire la bise, donc ce n’est pas pour que tout s’arrête au bout. J’espère que le public l’a bien compris. » Le pire, le nouveau coéquipier du Colombien Nairo Quintana ne l'envisage pas, mais il sait que dans ce contexte très inquiétant, rien n'est impossible. Y compris de devoir renoncer au Tour au dernier moment. « J’ai plus peur que quelqu’un me contamine et que l’on me dise avant le début du Tour : ''Ah non, Warren, tu es sur la touche !'' C’est pour ça que même moi qui suis très famille et embrassades avec mes proches, je prends mes distances. C’est ça le plus frustrant, mais c’est aussi pour que j’évite de contaminer un de mes copains, qui ne puisse pas aller au Tour. C’est très important. On fait ça aussi pour qu’il puisse y avoir du sport à la télé, que l’on puisse avoir le Tour et les autres courses aussi. Ce serait con de tout mettre par terre parce que l’on ne respecte pas les distances sociales, le masque et tout ce qui va avec », insiste bien « Wawa », pas inquiet en revanche de l'attitude que pourraient avoir certains coureurs du peloton. Et qui pourrait mettre en danger les autres. « Non, dans le peloton, ça va », rassure tout de suite le champion de France, 24eme samedi pour sa reprise, dans le même temps que le vainqueur du jour Bryan Coquard (B&B Hôtels-Vital Concept). Le premier rendez-vous d'une longue et intensive série. A condition que le message de Warren Barguil soit entendu.