La deuxième vie de Lopetegui

La renaissance de Julen Lopetegui a peut-être vraiment commencé samedi. A Santiago-Bernabéu, chez ce Real Madrid qui l'avait viré en octobre 2018 - moins de cinq mois après son arrivée -, il a explosé quand l'arbitre a annulé le premier but de Séville à la demi-heure de jeu. « C'est une honte, c'est toujours pareil », a-t-il ainsi exprimé avec véhémence en direction de son directeur sportif Monchi, situé près de lui à ce moment-là (un échange capté par Movistar). Le Real a finalement gagné 2-1. Lundi, en conférence de presse, il a réitéré : « Si le sévillisme veut dire quelque chose, je suis l'entraîneur de Séville et je suis à 100% avec le sévillisme. »

Car avant cette rencontre perdue à Madrid, Lopetegui parlait encore des Merengue avec une certaine affection : « Quand on a entraîné un club, il y a toujours une proximité et une connaissance de beaucoup de choses, on n'est pas étranger à tout ça... Mais je suis l'entraîneur de Séville à 100%, l'émotion passe au second plan. » Sa joie extatique lors de la victoire dans le derby contre le Betis (1-2), le 10 novembre, avait déjà constitué un premier pas important dans l'affirmation de sa nouvelle identité auprès des supporters.

Le chemin de Lopetegui continue, lui qui avait été privé de Mondial 2018 avec l'Espagne à la dernière minute, justement à cause de sa signature simultanée au Real Madrid. Tout avait donc fichu le camp en quelques mois, quelques semaines même, pour l'ancien gardien de but (troisième gardien au Mondial 1994 aux Etats-Unis) qui semblait au sommet de son art. Le Basque parvient désormais à se reconstruire avec sérénité en Andalousie. Surtout, il maintient Séville à un très bon niveau de résultats, quatrième de Liga. Et puisque ce qui ne tue pas rend plus fort, alors Lopetegui pourrait revenir surpuissant.