Pedros pour succéder à Diacre ?

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Au moins, ils sont d’accord: "C’est un échec sportif, mais j’espère qu’on aura gagné autre chose, c’est-à-dire le cœur des gens." Corinne Diacre n’a pas attendu pour assumer l’échec des Bleues, éliminées dès les quarts de finale de la première Coupe du monde féminine organisée en France par les Américaines, tenantes du titre (1-2), dans un Parc des Princes rempli jusqu’à la gueule (48 000 spectateurs) et tout acquis à la cause des coéquipières d’Amandine Henry.

 

 

Un soutien et un engouement populaires qui constituent, à n’en pas douter, un acquis de cette compétition, mais cela ne suffit certainement pas aux yeux d’un Reynald Pedros, l’ex-coach de l’Olympique Lyonnais et consultant sur Canal+.

"Ça ne convient pas aux Lyonnaises"

Les Tricolores et leur sélectionneuse, accablées par cette issue fatale, venaient à peine de quitter la pelouse du Parc que l’ancien international livrait déjà une analyse sans concession aucune du bilan de ce Mondial. "Le bilan, il est pas bon. Tu fais une Coupe du monde chez toi, t’es éliminée en quarts, tu fais pas les JO (Tokyo 2020), t’as l’objectif de la gagner cette Coupe du monde ou, en tout cas, d’arriver au moins en finale (*). T’as beau dire que tu fais un beau match, que tu rivalises, tu passes pas, t’as manqué quelque chose", considère celui qui a mené les Lyonnaises au triplé pour sa deuxième saison entre Rhône et Saône (Ligue des champions, D1, Coupe de France). "Pourquoi ? Pour moi, je trouve qu’on n’a pas une profondeur de banc qui nous permettait d’aller plus loin dans la compétition, et puis on a manqué d’efficacité, tout simplement (20 tirs, 5 cadrés). Ce que n’ont pas manqué les Américaines (10 tirs, 8 cadrés)."

Dès lors, Pedros, qui a mis un point d’honneur à balayer, lors de l’annonce de son départ de Lyon, les rumeurs sur un divorce avec le plus grand club féminin du monde, se positionne clairement par ses propos en tant que successeur de Corinne Diacre: "De dire qu’aujourd’hui, c’est bien parce qu’on a rivalisé avec les Etats-Unis, moi ça ne me convient pas. Et je pense que ça ne convient pas aux joueuses non plus, je pense que ça ne convient pas aux Lyonnaises, parce que lorsqu’on est compétiteurs ou compétitrices, qu’on veut tout gagner, on a beau jouer l’Etats-Unis, l’Angleterre, l’Allemagne, qui vous voulez…, on doit être supérieurs et on doit vouloir aller au bout, martèle l’ancien Nantais. Mais on ne doit pas se contenter de dire que ce sont les championnes du monde en titre, elles sont meilleures que nous, on a été bonnes, mais pas assez pour aller en demies ; pour progresser, il ne faut pas qu’on se contente de ça, il faut qu’on se contente du très, très haut niveau et il nous a manqué trop de choses sur ce match-là pour pouvoir aller plus loin." Précision d’importance, le contrat de Corinne Diacre court encore jusqu’en 2021, et Noël Le Graët se verrait bien prolonger le bail de l’ancienne coach clermontoise avec pour horizon l’Euro 2021.  

 

 

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(*) Noël Le Graët, président de la FFF, avait fixé la finale comme objectif.