Ce Brésil est prenable

Reuters

Ce sera donc le Brésil. Il aura fallu attendre les ultimes secondes de l’ultime match du premier tour de cette Coupe du monde, pour connaître enfin l’adversaire des Tricolores en huitièmes de finale. Si l’ombre du Brésil planait déjà depuis quelques jours, le Cameroun a bien failli lui griller la politesse grâce à sa victoire arrachée dans les arrêts de jeu ce jeudi, face à la Nouvelle-Zélande (2-1). Mais pour que les Camerounaises aient l’honneur d’affronter le pays hôte, il fallait que le Chili domine la Thaïlande par au moins trois buts d’écart, ce qui n’a pas été le cas (victoire des Chiliennes 2-0). Du coup, la Seleçao sera bien l’équipe à battre pour les partenaires de Wendie Renard.

 

 

Si une telle opposition ferait trembler chez les hommes, il n’en va pas forcément de même chez les femmes. Bien sûr, il faut toujours se méfier des Auriverde, mais les performances récentes des filles de Vadao ne plaident pas nécessairement en leur faveur. En Coupe du monde, le Brésil n’a plus dépassé les quarts de finale depuis 2007, année où l’équipe avait atteint la finale pour y être battue par l’Allemagne. Mais surtout, les partenaires de Marta, désormais détentrice du record de buts marqués dans la compétition (17), hommes et femmes confondues, ont connu un avant coupe du monde catastrophique.

Série noire avant le Mondial

Car avant de l’emporter face à la Jamaïque lors de son premier match de groupe, le Brésil restait sur... neuf revers de rang, avec au passage une défaite face à la France en match amical (3-1), le 10 novembre dernier. Pour se qualifier en huitièmes, Marta et ses coéquipières ont également dû s’en remettre à un penalty transformé par la star de l'équipe face à l’Italie, dans un dernier match de poule, qui a mis en exergue les différents problèmes que rencontre l’équipe brésilienne depuis un bon moment, notamment au niveau défensif. Avec une Leticia Santos très loin d’être rassurante sur le côté droit de la défense, la sérénité n’est pas forcément au rendez-vous, dès lors qu’il s’agît de résister aux assauts adverses. A une échelle moindre, et malgré les six buts marqués depuis le début de la compétition (dont 3 face aux modestes Jamaïcaines), le ratio frappes-buts n’est pas des plus tranchants.

Mais puisqu’un match de football se joue entre deux équipes, il faudra bien évidemment que la France fasse sa part de travail pour battre les Brésiliennes et rester en vie dans sa Coupe du monde. Et si les Bleues ont, à l'inverse, enchaîné les succès au cours des derniers mois (13 en 14 sorties) et ont déjà inscrit 7 buts depuis le début de la compétition, il n’en reste pas moins que c’est Wendie Renard, la défenseure centrale, qui est la meilleure marqueuse avec trois réalisations. Si le réalisme reste français lors de ce huitième entre la France et le Brésil, alors cela pourrait suffire. Mais face à l’armada brésilienne, bien décidée à passer ce tour pour faire mieux que lors du dernier mondial canadien (en 2015, le Brésil s’était arrêté en 8e face à l’Australie, 0-1), il faudra sûrement trouver d'autres solutions sur le plan offensif, en espérant par exemple le réveil offensif de Gaëtane Thiney, tout en comptant sur une défense solide. Pour ce France-Brésil, tous les espoirs seront permis et le suspense bien présent.