Strasbourg revient de si loin

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C’est bien beau d’assurer le spectacle avant le coup d’envoi à coups de sons et lumières, et de convoquer l’immense Arsène Wenger pour porter le trophée au centre de cette pelouse du stade Pierre-Mauroy. Mais une finale mérite à coup sûr une autre surface de jeu que le terrain indigne proposé samedi, à Lille, aux Strasbourgeois et aux Guingampais.

Tellement grasse qu’il faudra repeindre en vert – les crampons des 22 acteurs peuvent en témoigner - cette triste pelouse, où les deux finalistes n’avaient pas besoin d’un tel handicap… Sans compter ce ballon de plage, spécialement conçu pour la finale. On n’attendait pas monts et merveilles de cette opposition entre le dix-huitième et le dixième de Ligue 1. Et le niveau de jeu, très aléatoire, pour ne pas dire parfois assez désolant, aura même fini par anesthésier l’armada des 25 000 supporters alsaciens (sur les 49 161 spectateurs de l’affluence record de cette finale, pour un match de clubs à Pierre-Mauroy, ndlr).

Le bon choix de Kamara

Les pauvres devront attendre le dernier quart d’heure pour assister à la première frappe cadrée d’une équipe qui, il faut le dire, n’a plus gagné le moindre match depuis sa qualification en demi-finales. Alors forcément…

Dans une meilleure dynamique en championnat, Guingamp s’offre les meilleures opportunités et valide le choix de Thierry Laurey de titulariser dans le but strasbourgeois Bingourou Kamara (22 ans). Marcus Thuram, suite à un bon travail initial de Nicolas Benezet, profite de la passivité de la défense alsacienne pour solliciter une première fois le jeune portier (16e). C’est encore Benezet qui, alerté dans la surface, oblige Kamara à un nouvel arrêt délicat pour fermer son premier poteau (54e).       

On l’aura compris, les occasions de s’enflammer sont rares. Surtout côté strasbourgeois, où Ibrahima Sissoko s’arrache sur son côté droit et adresse un centre en retrait sur lequel la frappe dans la course d’Adrien Thomasson rate le cadre (59e). Le cadre est enfin trouvé sur cette tentative depuis l’extérieur de la surface et ce ballon flottant du même Thomasson, qui met enfin Marc-Aurèle Caillard à contribution (73e). Ludovic Ajorque aurait pu être le héros de la soirée, mais son ultime tentative dans le temps réglementaire n’empêche pas la prolongation (89e). Pour la septième fois dans l’histoire de la compétition.

Une prolongation, où Kamara sauve encore le Racing face aux rentrants Ronny Rodelin (104e) et Alexandre Mendy (120e). Les deux fautifs dans une séance de tirs au but, où Kamara sort un arrêt décisif, Dimitri Liénard claque une panenka et Caillard, héros des tours précédents, ne sauvera pas la mise des Bretons. Ce sont bien les hommes de Thierry Laurey qui gagnent le droit de soulever leur troisième Coupe de la Ligue (après 1997 et 2005) et avec leur qualification pour la Ligue Europa (*). Pas si mal pour un club qui, il y a sept ans, évoluait... en CFA2.        

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(*) Les Strasbourgeois débuteront leur campagne dès le 2e tour préliminaire de la Ligue Europa, fin juillet.