Gabon : Boupendza et Allevinah font oublier Aubameyang

Panoramic

Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé : cette célèbre phrase de Lamartine ne s'applique heureusement pas au Gabon en ce début de CAN. Le Covid a beau priver les Panthères de Pierre-Emerick Aubameyang depuis l'arrivée au Cameroun, les joueurs de Patrice Neveu montrent qu'ils ont de la ressource dans le compartiment offensif. Face aux Comores, il n'aura fallu qu'une dizaine de minutes à Aaron Boupendza (25 ans) pour trouver la faille et signer ce qui sera le but de la victoire (1-0) d'une magnifique frappe en angle fermé, après un dédoublement avec Louis Autchanga.

« En tant qu'attaquant, je n'ai pas réfléchi. J'avais déjà vu où le gardien est positionné. Il fallait être lucide et concentré pour essayer de bien réaliser ce genre de geste », dira l'attaquant après la rencontre en recevant la récompense remise à l'homme du match. Parti à Al-Arabi après une saison canon à Hatayspor (22 buts en 36 matchs de Süper Lig), l'ancien Bordelais montre ainsi qu'il n'a rien d'un préretraité. Placé en pointe d'un 4-3-3 lors de la rencontre inaugurale, le natif de Moanda a ensuite montré face au Ghana son aptitude à évoluer dans un schéma à deux pointes, en l'occurrence un 3-5-2 concocté par le sélectionneur, Patrice Neveu.

Deux profils parfaitement complémentaires

Associé d'abord à Denis Bouanga, Aaron Boupendza a trouvé après la sortie du Stéphanois un complément idéal en la personne de Jim Allevinah (26 ans). Habitué à évoluer sur une aile, le feu follet clermontois se distingue dans un registre de deuxième attaquant en mode électron libre. Aussi vif et insinuant que Boupendza est puissant et solide, le joueur de poche a fait parler son sens du but à deux reprises déjà : pour égaliser face au Ghana (1-1) d'une parfaite frappe croisée, puis pour ouvrir le score contre le Maroc, en récupérant une balle perdue par la défense des Lions de l'Atlas.

Ensuite passeur pour... Aaron Boupendza durant ce match cinq étoiles, peut-être le meilleur du premier tour, Jim Allevinah s'est vu logiquement remettre le trophée destiné à l'homme du match. Mais ne comptez pas sur lui pour ne penser qu'à sa pomme. « Nous avons montré beaucoup de solidarité et de valeur. Nous sommes heureux d'avoir réussi à atteindre notre objectif. Le nul est un bon résultat pour nous face à une bonne équipe du Maroc », déclarait-il lors de la remise de sa récompense. Et c'est ainsi, avec des joueurs qui n'étaient pas forcément destinés à être titulaires, que le Gabon est en train de réussir la meilleure CAN de son histoire récente. Au pays des Panthères, il y a bien une vie sans Pierre-Emerick Aubameyang.

 


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