CAN 2021 : Iban Salvador, le Gattuso de Malabo, star de la Guinée Équatoriale

Panoramic

Seul joueur élu deux fois homme du match à la CAN lors de cette édition, Iban Salvador est comme Gennaro Gattuso, champion du monde 2006 avec l'Italie: il aime surjouer les durs alors qu'il est un vrai technicien, bien plus qu'un aboyeur. Son harcèlement de l'arbitre et des "Fennecs" a découragé l'Algérie (1-0): homme du match. Sa passe décisive pour Pablo Ganet a vaincu la Sierra Leone (1-0): homme du match. Anonyme joueur de deuxième division espagnole à Fuenlabrada, Iban Salvador, 26 ans, crève l'écran à la Coupe d'Afrique des nations. Son surnom, "El Picaro", soit "Le Voleur", ou "Le Fripon", rend hommage au vice bien senti de l'homme aux mains tatouées, au centre de gravité assez bas (1,73 m). Le superbe parcours du "Nzalang Nacional" ("L'Éclair") lui doit beaucoup, bien que ses deux dernières saisons aient été tronquées par des blessures, entorse d'une cheville et d'un genou, blessure aux ischios-jambiers... "On ne sait même pas à quel poste il joue, milieu gauche, défenseur..." lance admiratif Hamari Traoré, capitaine du Mali, à propos de son futur adversaire.

"On n'a peur de personne"

"Mais il n'y a pas que lui", ajoute le Rennais pour l'AFP, "la Guinée Équatoriale une très bonne équipe, un collectif bien costaud, très bon bloc. Elle joue comme une équipe sud-américaine, défend ensemble et attaque ensemble". Iban Salvador Edu est très fier que son équipe soit sortie "du groupe de la mort", dit-il à la RTVE espagnole, avec la Côte d'Ivoire et devant l'Algérie. Le tenant du titre "possède des joueurs supérieurs, des individualités plus fortes, mais nous avons gagné en équipe", analyse-t-il.
"On n'a peur de personne", insiste Iban Salvador avant d'affronter le Mali "avec nos armes". Des armes ibériques, la plupart des Équato-Guinéens ont été "formés en Espagne", rappelle-t-il, comme lui, à L'Hospitalet de Llobregat. Iban Salvador a pas mal bourlingué dans les clubs espagnols, entre Valence, Valladolid, Murcie, Leon, la réserve du Celta Vigo et Fuenlabrada, où il est en contrat jusqu'en 2023. En Afrique, "le foot est assez différent du football européen, il y a plus de contact, le jeu est plus dur. Moi j'y suis habitué, en deuxième division", sourit-il .

"Persécution"

Endurci en Liga B, "El Picaro" a été l'objet de critiques en février 2021 visant sa tendance à exagérer et à simuler des chutes au contact de ses adversaires. Mais une donnée irréfutable vient nuancer cette aptitude à plonger: en février dernier, le milieu était le joueur qui avait subi le plus de fautes, D1 et D2 espagnoles confondues, avec 84 fautes reçues en 24 matches, soit une faute toutes les 16 minutes ! Il avait également provoqué 22 cartons. Des chiffres supérieurs à ceux de Nabil Fekir ou de Lionel Messi, quand ce dernier évoluait encore en Liga. "Ce que subit Iban, c'est vertigineux...", avait réagi son ancien entraîneur, José Ramon Sandoval, début 2021. "Il subit de nombreuses fautes, c'est une persécution totale. On commence à s'inquiéter. Beaucoup de ces fautes ont lieu quand il n'a même pas le ballon et à contre-temps".

L'entraîneur du club de la banlieue de Madrid décrivait "un gros caractère de compétiteur", et "toutes les fautes qu'il subit nous offrent souvent des occasions de but". Selon le quotidien sportif madrilène As (dans un article de janvier 2021), Iban Salvador "est l'un des joueurs avec le plus de qualités techniques et de +toque+ de l'effectif de Fuenlabrada. Il sait dribbler, sa dernière passe est toujours bonne, et surtout, il fait preuve d'une grande intelligence pour savoir quand accélérer ou arrêter le jeu".
De quoi se demander ce qu'il fait en deuxième division...

La Guinée équatoriale valide son billet : 


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