La Copa America en cinq questions

Reuters

Messi et l’Argentine, fin de la malédiction ?

Double finaliste malheureux avec l’Albiceleste (2015, 2016) et déjà battu en finale en 2007, Lionel Messi vit une histoire compliquée avec la Copa America. Après un break avec la sélection en 2018 consécutif à l’élimination contre la France en huitième de finale du Mondial, le buteur du Barça a fait son retour en mars sous le maillot bleu ciel et blanc. Alors que Cristiano Ronaldo vient de remporter la Ligue des Nations avec le Portugal, Messi peut lui aussi garnir son palmarès cet été. Il va pour cela falloir soulever un trophée continental qui fuit l’Argentine depuis 1993, à une époque où les stars de la sélection se nommaient Gabriel Batistuta, Fernando Redondo et Diego Simeone.

Aujourd’hui, Messi peut compter une nouvelle fois sur une ribambelle de joueurs offensifs pour l’aider dans sa quête de sacre avec Angel Di Maria, Paulo Dybala ou Sergio Agüero. Mais l’Argentine a aussi des hommes émergeants dans son entrejeu, à commencer par Giovani Lo Celso ou Leandro Paredes. Cela sera-t-il suffisant pour décrocher le titre alors qu’un énième échec pourrait pousser le numéro 10 argentin vers une seconde retraite internationale ? Elle serait cette fois-ci peut-être définitive…

Qui prendra la relève de Neymar pour le Brésil ?

Avec l’absence de sa superstar, la Seleção doit se repenser. Sans son numéro 10, la sélection auriverde va devoir miser sur d’autres éléments, et va surtout en demander plus à ses cadres. C’est donc tout naturellement que les yeux vont se tourner vers Philippe Coutinho. Si la saison du milieu offensif a été très chaotique avec le Barça, l’ancien Red a l’occasion rêvé de redorer son blason. Positionné en pur meneur de jeu par son sélectionneur Tite, Coutinho va avoir les clés du jeu de la Seleção et ce rôle lui a plutôt réussi en préparation, où il a été très en vue contre le Qatar et le Honduras.

« Il est une référence, surtout quand nous n’avons pas Neymar. Dans les deux matchs amicaux où nous avons joué, il était le meilleur joueur sur le terrain, pas seulement pour ses passes et ses buts, mais aussi pour sa participation défensive. Il est heureux à nouveau » se réjouit Thiago Silva à propos de son coéquipier. Un renouveau qu’il faudra confirmer pour faire oublier Neymar et espérer remporter la Copa America.

Coutinho

 

Le Qatar peut-il créer la surprise ?

Champion d’Asie, le Qatar est l’inconnue de la compétition. Le pays du golfe Persique va disputer pour la première fois de son histoire la Copa America. Une première répétition avant le grand objectif qu’est le Mondial 2022, avec une formation jeune (25 ans de moyenne d’âge) et inexpérimenté au haut niveau (tous les joueurs évoluent dans le championnat national). Mais comme il l’a montré lors de la Coupe d’Asie, cela n’est pas de nature à freiner le Qatar.

Placée dans le groupe B, le plus relevé du premier tour, avec l’Argentine, la Colombie et le Paraguay, « Al-Annabi » (le surnom de la sélection) va pouvoir se jauger avec ce qui se fait quasiment de mieux sur le continent sud-américain. La sélection qatarie avait démontré une vraie force de caractère lors de son sacre aux Emirats Arabes unis en début d’année. Il lui faudra jouer de ce même ingrédient au Brésil pour passer le premier tour.

Eduardo Vargas, futur recordman ?

4 buts en 2015, 6 buts en 2016. Avec 10 réalisations, Eduardo Vargas est en bonne place parmi les meilleurs buteurs de l’histoire de la compétition. Il lui manque 7 buts pour égaler le record détenu par le Brésilien Zizinho et l’Argentin Norberto Mendez. Un total difficile à atteindre mais pas impossible pour l’actuel coéquipier d’André-Pierre Gignac au Tigres de Monterrey, qui disputera seulement la troisième Copa America de sa carrière. A 29 ans, Vargas, tout comme le Péruvien Guerrero (10 réalisations aussi), peut se rapprocher grandement de la marque des 17 buts avant la prochaine édition de la Copa America, prévu dans seulement un an en Argentine et en Colombie.

Vargas

 

Un nouveau vainqueur, c’est possible ?

Venezuela, Equateur, Japon, Qatar : sur les 12 nations concourants à cette 46ème édition de la Copa America, quatre ne l’ont jamais remporté. C’est assez logique pour le Japon et le Qatar, moins pour le Venezuela et l’Equateur. En 27 et 17 participations, aucun des deux pays n’a su se hisser jusqu’au sacre, ni même jusqu’en finale ou à la troisième place ! Une disette qui en dit long sur le faible niveau historique de ces deux équipes, qui ne devraient pas faire de miracle sur les pelouses brésiliennes. Encore une fois.

Pas encore abonné ? Rdv ici pour en savoir plus