Champions Cup - Toulouse encore invincible ?

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"Gagner en Irlande serait un exploit. Moi-même, en tant que joueur, je ne l'ai jamais fait avec le Stade Toulousain". William Servat se charge de planter le décor de ces retrouvailles avec le Leinster : l’entraîneur des avants stadistes et ancien talonneur des Rouge et Noir, pourtant sacré champion d’Europe à trois reprises (2003, 2005, 2010), sait mieux que quiconque ce qui attend la meilleure équipe française du moment samedi dans la capitale irlandaise.

Toulouse, qui n’a plus perdu un seul match, toutes compétitions confondues, depuis maintenant plus de trois mois, et un revers dans le derby face à Castres (22-26), retrouve les champions d’Europe en titre face auxquels les joueurs d’Ugo Mola avaient amorcé cette série en cours d’invincibilité en surprenant l’autre club quadruple vainqueur de l’épreuve à Ernest-Wallon (28-27). "Le match aller ? Il avait suivi une belle semaine d'entraînement, et nous avions fait preuve d'une très belle solidarité sur le terrain", se souvient le capitaine Julien Marchand qui, comme six de ses coéquipiers, a bien l’intention, avant de rejoindre les Bleus de Brunel pour préparer le Tournoi, de ne pas gâcher une campagne européenne pour l’heure parfaite en tout point avec quatre succès en autant de journées.

Sans Sexton

Bien sûr, Ugo Mola rappelait avec à-propos avant le déplacement du week-end dernier à Agen, conclu sur un quatrième succès en déplacement (27-20), qui s’ajoutent aux deux victoires à Bath (20-22) et chez les Wasps (24-16), que la qualification se validerait non pas sur la seule bataille de Dublin, mais bien sur deux matches, sans oublier la réception de Bath dans dix jours.

Peut-être, mais le Stade marche sur l’eau en championnat comme sur la scène européenne, à l’image de ses cadres et de ses individualités en pleine confiance - Guitoune, co-meilleur marqueur d’essais (4), Ramos meilleur réalisateur (51 pts) ou encore Jo Tekori et ses 14 passes au contact, pour ne citer qu’eux. Et la treizième porte abordée ce week-end ressemble fort au test ultime. Servat prévient d’ailleurs ses joueurs : "Il nous faudra réaliser un match parfait." Un dix-septième quart de finale sera à ce prix, et acquis si Marchand et ses partenaires réussissent l’exploit d’empêcher leurs adversaires d’empocher le moindre point de bonus.

Le défi est colossal face à une province irlandaise qui s’est imposée lors de 22 de ses 24 dernières réceptions d’un club du Top 14, ne s’inclinant qu’à deux reprises,… mais à chaque fois avec le bonus défensif (*). "C'est le genre de matchs que l'on rêve de jouer, car on n'en joue pas beaucoup dans une carrière. C'est une immense chance pour le club et les joueurs", assure encore Servat.

Toulouse, fort avec ces quatre victoires de rang de sa meilleure série sur la scène européenne depuis la période décembre 2009 - janvier 2011 (11), où les Toulousains avaient été sacrés pour la quatrième fois de leur histoire (2010), peut frapper un peu plus les esprits et marquer son territoire. Et prouver que le Stade est à nouveau mesure de postuler à une cinquième couronne, nouveau record absolu. Grâce à une nouvelle génération qui a retenu les leçons du passé : "Il y a deux ans, face au Munster (défaite 41-16 en quart de finale), on avait vu le type d'ambiance qu'il pouvait y avoir dans le stade, avec des encouragements d'un bout à l'autre de la rencontre", se souvient Marchand. "L'objectif pour samedi est simple : tout donner, et on verra bien le score à la fin. (…) Ce match est sans doute l'un de nos plus gros tests, à l'extérieur face à l'une des plus belles équipes européennes." Fut-il joué face à un Leinster privé de son maître à jouer, Jonathan Sexton, forfait sur blessure.
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 (*) Clermont (21-28), lors de la saison 2012-2013, et Toulon (16-20), lors de la saison 2015-2016 sont les deux seules formations françaises à s’être imposé sur la pelouse du Leinster.

Les Rouge et Noir ont empoché un quatrième succès en autant de rencontres, face aux Wasps (42-27)​​​​​​​