Maradona un an après: pendant les hommages, les procédures continuent

Maradonna

Le décès, l'enquête 

Maradona, qui souffrait des reins, du foie, d'insuffisance cardiaque, de détérioration neurologique, de dépendance à l'alcool et aux psychotropes, est mort d'une crise cardiaque, deux semaines après une opération pour un caillot de sang à la tête. Il était en convalescence dans une résidence privée, non en clinique, et la justice a ouvert une enquête pour "homicide involontaire avec circonstances aggravantes", afin de déterminer d'éventuelles négligences ou imprudences dans les soins.

Une commission d'experts médicaux mandatée par la justice avait rendu en mai un rapport accablant, suggérant que le traitement prodigué avait été "inadéquat, déficient et imprudent", conduisant à une "période d'agonie prolongée" de plusieurs heures avant que Maradona soit retrouvé sans vie. Sept personnes de l'équipe médicale ont déjà été entendues dans le cadre de l'enquête, dont un neurochirurgien, une psychiatre, un psychologue, une médecin et trois infirmier(e)s. Personne n'a été placé en détention provisoire, mais Mario Baudry, avocat de Veronica Ojeda, la mère d'un des enfants de Maradona, a déclaré à l'AFP que "l'affaire pourrait être renvoyée au tribunal d'ici une vingtaine de jours, pour un procès des médecins et du personnel de santé".

L'héritage, les héritiers 

A la demande de ses proches, la justice civile a été saisie du partage de la fortune accumulée par Maradona en quatre décennies en tant que footballeur, entraîneur, commentateur, et dont le montant est inconnu. Outre Dalma (34 ans) et Gianinna (32 ans), filles qu'il a eues avec son ex-épouse Claudia Villafañe, Maradona a reconnu trois autres enfants de liaisons différentes: Diego Junior (35 ans), Jana (25 ans) et Diego Fernando (8 ans). 

Mais l'avocat de Maradona, Matias Morla, a affirmé lors d'une interview en 2019 qu'il y aurait au moins trois autres enfants non reconnus à Cuba, où il a vécu pendant près de cinq ans au début des années 2000, pour y traiter ses problèmes d'addiction.

Les dettes, les enchères 

Le train de vie, les acquisitions, les largesses de Maradona, ont laissé derrière eux une traînée de dettes, de frais de fonctionnement. Pour y faire face, la justice a décidé la mise en vente aux enchères de biens ayant appartenu au footballeur. En accord avec les descendants, les fruits de la vente ne seront pas partagés entre eux, mais serviront a éponger dettes et frais divers. Le 19 décembre seront notamment mis en vente la maison offerte à ses parents, trois véhicules dont une voiture arborant la signature "Pibe de Oro" (gamin en or) sur le pare-brise, des vêtements de sport, divers objets personnels, ainsi qu'une lettre du défunt leader cubain Fidel Castro, dont le joueur était proche.

Les biens ayant une valeur sentimentale comme les trophées, les maillots offerts par d'autres joueurs aux obsèques du footballeur, seront quant à eux exclus des enchères.

La marque, l'usufruit 

Les deux filles aînées de Maradona sont opposées à l'avocat de l'ancienne idole, Me Morla, pour son utilisation commerciale de la marque "Maradona", sous ses nom, prénom, ou surnom faisant référence à lui. Elles avaient engagé une procédure pour administration frauduleuse et escroquerie présumées mais la justice les a déboutées. Les marques sont enregistrées à l'Institut national de la propriété industrielle au nom d'une société créée par Me Morla en juin 2015, six mois après que Maradona lui a fait procuration pour l'utilisation commerciale de son nom dans le but d'apporter un soutien financier à ses sœurs. "Ta volonté, Diego, sera toujours respectée", a commenté l'avocat après la dernière décision de justice le confortant.

L'inconnue, l'accusation

Ces dernières semaines a émergé le témoignage d'une ex-liaison de Diego Maradona alors qu'il vivait à Cuba: Mavys Alvarez, âgée aujourd'hui de 37 ans et vivant à Miami mais mineure à l'époque, il y a une vingtaine d'annéesElle a accusé l'idole argentine et son entourage de violences et d'abus présumés, notamment de séquestration, lors d'une voyage à Buenos Aires en 2001. Les cinq proches de Maradona mis en cause nient toute implication.

L'issue de la procédure est incertaine. Mavys Alvarez n'a pas été entendue comme plaignante mais comme témoin dans le cadre d'une plainte déposée par une ONG s'étant émue des récits de la Cubaine dans la presse. Et elle a laissé entendre qu'elle-même ne poursuivrait pas plus avant la procédure.


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