Bayern Munich - Nagelsmann traverse sa première tempête

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Pour Nagelsmann, la pause internationale d'une semaine et demie du côté de la Säbener Strasse, le centre d'entraînement du Bayern, a dû ressembler à un véritable casse-tête. Lui-même a reconnu il y a dix jours qu'il devait "réfléchir" à beaucoup d'aspects, "sur moi, sur la situation, sur tout", après le revers chez le voisin Augsbourg (1-0). "Dire que les deux dernières semaines m'ont laissé totalement froid, ce serait mentir. Je sens la responsabilité de la situation, mais je sais aussi que je ne suis pas responsable de tout", a-t-il expliqué en conférence de presse jeudi. "Je me remets toujours en question, tous les jours. Mais je n'avais pas à l'esprit de démissionner, je n'éprouve juste pas de plaisir à ne pas gagner les matches", a-t-il ajouté.

Les décuples champions d'Allemagne en titre réalisent leur plus mauvais début de saison depuis 2010, avec seulement 12 points en sept matches disputés. Il y a 12 ans, les Munichois n'avaient pris que huit points et avaient terminé à la 3e place en fin de saison. Cette fois-ci, ils ont surtout enchaîné en Bundesliga quatre matches de mauvaise qualité en attaque contre Mönchengladbach (1-1), l'Union Berlin (1-1), Stuttgart (2-2) et Augsbourg. Tout le contraire de la Ligue des champions, où Munich a dominé l'Inter en Italie (2-0) et le Barça à domicile (2-0) avec un réalisme déconcertant.

Soutenu par la direction

Avec quatre buts en quatre matches (contre quinze sur les trois premières journées), la question de l'absence d'un avant-centre pour palier le départ au FC Barcelone du Polonais Robert Lewandowski est revenue comme un refrain lancinant et peu agréable aux oreilles de l'entraîneur. Pour Nagelsmann, la pression dans les médias s'est renforcée depuis le derby bavarois perdu à Augsbourg, alors que le Bayern n'a plus gagné depuis le 21 août en Bundesliga (7-0 contre Bochum, lanterne rouge du championnat). L'enchaînement de cinq matches en quinze jours proposé aux coéquipiers de Manuel Neuer servira de véritable test: trois rencontres de championnat (contre Leverkusen, à Dortmund pour le "Klassiker" et contre Fribourg) et la double confrontation contre Plzen en C1.

Nagelsmann peut compter sur le soutien de sa direction. "Julian sait avant tout qu'il a le plein soutien du Bayern", a expliqué le directeur sportif Hasan Salihamidzic à l'hebdomadaire Bild am Sonntag en fin de semaine dernière. Le soutien de ses joueurs sera aussi primordial pour remettre la marche avant et sortir de l'ambiance morose en championnat, à l'image de la météo munichoise qui a obligé certains joueurs à ressortir gants et bonnet à l'entraînement en ces derniers jours de septembre. Pour l'ancien international allemand Michael Ballack, le "meilleur argument" sera de regagner des matches, "sinon la critique se fera plus forte", alors que plane l'ombre de Thomas Tuchel, libre depuis son remerciement par Chelsea début septembre.

A seulement 35 ans, Nagelsmann a connu jusqu'à présent une trajectoire linéaire vers les sommets, avec un accroc de taille la saison passée pour ses débuts au Bayern: un seul trophée (le titre de champion) et une élimination en quarts de finale de C1 face à Villarreal. Les six semaines qui arrivent, avec treize matches à disputer, permettront de tester sa capacité à trouver des solutions dans l'adversité.


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