Cyclisme : ils ont bougé… pour mieux se relancer ?

Panoramic

Comme chaque année la saison sur route débute dans l’hémisphère sud avec les traditionnels Tour de San Luis en Argentine, et Tour Down Under en Australie. L’occasion de découvrir de nouvelles équipes (enfin, de moins en moins…), de nouveaux maillots et de nouveaux coureurs.

Ça y est, c’est la rentrée des classes.

Et pour cette rentrée, certains ont décidé de changer d’air : nouvelle trousse, nouveau cartable, nouveaux camarades de classes, bref, nouveau look pour une nouvelle vie.

Revue d’effectif non exhaustive des coureurs transférés, à la recherche d’un second souffle :

Marcel Kittel (Etixx – Quick Step)

Le grand absent de 2015. Une année à oublier pour le sprinter allemand, touché par un virus en début de saison et incapable de retrouver son meilleur niveau malgré une victoire d’étape sur le Tour de Pologne.
Résultat : pas de participation au Tour de France et 6 abandons lors des 14 courses auxquelles il a participé.

Récemment considéré comme le meilleur sprinter du monde, Kittel a donc décidé de quitter Giant-Alpecin à un an du terme de son contrat.
A 27 ans, l’équipe Etixx – Quick Step semble parfaite pour relancer sa carrière. Malgré le départ de Cavendish et Renshaw, la formation belge possède de sérieux atouts pour emmener l’Allemand lors des emballages massifs avec des coureurs expérimentés et rapides, à l’instar de Richeze, Sabatini, Keisse, Maes, voire Boonen.
Attention toutefois à la concurrence interne ; le grand Marcel devra surveiller Fernando Gaviria, sprinter colombien à la pointe de vitesse redoutable.

Que peut-il espérer ? Marcel Kittel a tout pour retrouver son niveau de 2013 et 2014.

Rigoberto Uran (Cannondale)

Son année 2015 fut plus qu’honorable, mais le Colombien est passé à côté de son principal objectif, le Giro.
Auteur d’un très bon début de saison (troisième à Tirreno, cinquième sur le Tour de Catalogne et le Tour de Romandie), Uran a déçu sur les routes italiennes, terminant à une anonyme quatorzième place. Présent sur le Tour de France, le désormais ex-coureur Etixx n’a pas brillé (42ème du général), malgré quelques échappées en montagne.
Sa victoire surprise lors du GP de Québec conclut une saison de bonne facture, mais Uran a semblé stagner en 2015.

A 28 ans, le sosie non officiel de Mick Jagger tentera donc de rebondir au sein de l’équipe Cannondale, où il formera un trio intéressant aux côtés de Pierre Rolland et Andrew Talansky.

Selon Charles Wegelius, son directeur sportif, le Colombien s’alignera à nouveau sur le Giro en 2016 avec un statut de leader.

Que peut-il espérer ? En atteignant la deuxième place du Giro à deux reprises (2013 et 2014), Uran a probablement atteint sa limite. Si le parcours 2016 de la course italienne lui sied bien, on a du mal à l’imaginer en vainqueur de Grand Tour.

Dan Martin (Etixx – Quick Step)

Monsieur Chute a fait le chemin inverse de Rigoberto Uran.
Vainqueur de Liège-Bastogne-Liège et du Tour de Catalogne en 2013, triomphant sur le Tour de Lombardie 2014, l’Irlandais a connu une année 2015 plus compliquée : deux chutes pour autant d’abandons sur la Flèche wallonne et Liège-Bastogne-Liège, un Tour de France mitigé et un abandon sur la Vuelta, sur chute évidemment.

Avec le départ de Michal Kwiatkowski, Martin arrive chez Etixx en tant que co-leader sur les classiques vallonnées. Il partagera ce statut avec le jeune Julian Alaphilippe, impressionnant sur le triptyque Amstel-Flèche-Liège en 2015.

Quid des Grands Tours ? Septième de la Vuelta en 2014, il n’a pas regoûté au top 10 depuis. Troisième de la Vuelta 2015 après une semaine de course, Martin semblait enfin en mesure de réaliser une grande performance, avant de retrouver son péché mignon, le bitume.
Avec le départ de Rigoberto Uran, l’Irlandais devrait néanmoins prétendre à un rôle de leader sur les courses de trois semaines.

Que peut-il espérer ? S’il résiste à la gravité, Dan Martin peut remporter à nouveau une grande classique en 2016 et jouer un top 10 sur un Grand Tour.
Voire plus si affinités…

Carlos Betancur (Movistar)

Le petit Colombien est une énigme. A 100%, il fait partie des meilleurs grimpeurs/puncheurs du peloton. Malheureusement Betancur est comme la batterie d’un smartphone : rarement à 100%…
Depuis Paris-Nice 2014, il n’est jamais apparu au sommet de sa forme, malgré un Giro 2015 positif, ponctué par une vingtième place finale et plusieurs échappées en montagne.

Le meilleur jeune du Giro 2013 a donc décidé de quitter AG2R à l’amiable, à un an du terme de son contrat, pour se relancer au sein de l’équipe Movistar. Mais pour quel rôle ?
Si dans un premier temps, il devrait jouer l’équipier de luxe pour Valverde et Quintana, Betancur pourrait bénéficier d’un statut protégé sur certaines courses s’il retrouve ses jambes et son moral de 2013. Avec des si…

Que peut-il espérer ? Son rôle dépendra de sa forme.
Et 2016 ne se présente pas sous les meilleurs auspices, puisque le Colombien ne participera pas au Tour de San Luis alors qu’il y était initialement prévu.

Jurgen Van den Broeck (Katusha)

Habitué du Tour de France, le Belge avait ciblé le Giro en 2015. A Milan,  Van den Broeck ne cachait pas sa déception,  avec une douzième place finale, derrière son équipier Maxime Monfort.

Avec une seule victoire chez les professionnels (une étape du Dauphiné 2011), VdB n’est pas considéré comme un “winner”. En revanche, il s’est construit une solide réputation avec de nombreux top 10 sur les courses par étapes. Or depuis son podium sur le Dauphiné 2014, le troisième du Tour de France 2010 n’a pas regoûté au Top 10 d’une grande course.

Après neuf ans de bons et loyaux services au sein de l’équipe de Lotto, le Belge vient garnir les rangs de l’équipe Katusha où il suivra le même programme que Joaquim Rodriguez, suppléant ainsi le départ de Dani Moreno.

Que peut-il espérer ? Van den Broeck pourrait s’épanouir dans ce nouveau rôle.

Michał Kwiatkowski (Team Sky)

Malgré une victoire sur l’Amstel, ainsi qu’une deuxième place sur Paris-Nice et le Tour d’Algarve, le désormais ex-champion du monde n’a pas franchi le cap attendu en 2015, notamment sur les courses par étapes. En désaccord avec Patrick Lefevere sur l’orientation à donner à sa carrière, le Polonais a donc choisi de quitter Etixx pour Sky.

En rejoignant l’armada britannique, le Polonais peut prétendre au statut de leader sur les classiques vallonnées et devrait avoir sa chance sur sur certaines courses par étapes d’une semaine.
En revanche, il se contentera probablement d’un rôle d’équipier sur le Tour de France aux côtés de Chris Froome.

Que peut-il espérer ? Coureur complet, Kwiatkowski devra s’affirmer sur des objectifs précis s’il ne veut pas faire une Boasson Hagen…

Mark Cavendish (Team Dimension Data)

Avec 14 victoires, Mark Cavendish pourrait se satisfaire de son bilan 2015. Pourtant, parmi ses 14 bouquets, un seul fut conquis en World Tour (une victoire d’étape sur le Tour de France).

Après trois ans mitigés chez Quick Step, Cavendish a surpris son monde en signant dans l’équipe sud-africaine Dimension Data, ex-MTN Qhubeka. Il y retrouvera ses fidèles équipiers Mark Renshaw et Bernhard Eisel.

A 30 ans, le sprinter de l’île de Man semble sur le déclin, mais devrait bénéficier du soutien total de son équipe dont il sera le leader unique et incontestable. Un rôle qu’il affectionne.

Que peut-il espérer ? Avec les JO sur piste en ligne de mire, Cavendish pourrait retrouver des couleurs en 2016.

Mais aussi :

Matti Breschel, Arnold Jeannesson, Adrien Petit, Enrico Battaglin, Peter Stetina, Chris Anker Sorensen…

R' de Sport


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