Djokovic, une influence qui interpelle

Reuters

Président du Conseil des joueurs, Novak Djokovic se révèle être un redoutable stratège sur et hors du court. Ces dernières semaines, le très influent n°1 mondial a œuvré en coulisses pour obtenir le départ d’ores et déjà acquis du président de l’ATP, Chris Kermode, à la fin de l’année 2019. Une décision actée vendredi dernier à l’issue d’un conseil d'administration qui réunissait ledit président exécutif, trois représentants des joueurs et trois représentants des organisateurs de tournois.

Crédité de nombreux soutiens sur le circuit, Chris Kermode n’a pas souhaité polémiquer, mais nombre d’ambassadeurs de choix tels que Rafael Nadal, Lleyton Hewitt ou Roger Federer se sont émus de ce départ anticipé. Le Bâlois notamment a clairement désigné Novak Djokovic pour principal instigateur de cette révolution de palais. "Nole" souhaitant accentuer toujours davantage l’influence des joueurs dans l’organigramme de l’ATP, tout en leur octroyant toujours plus de primes sur le terrain.   

Federer: "J’ai essayé de rencontrer Novak"

"J’ai essayé de rencontrer Novak à la date limite (avant le fameux conseil d’administration fatal à Kermode, ndlr), dixit Federer auprès d’une poignée de journalistes suisses. Malheureusement, il n’avait pas le temps. C’est difficile à comprendre pour moi. Il avait certainement beaucoup à faire. Je lui ai demandé s’il avait le temps de me rencontrer, mais il était occupé. Il a suggéré que nous nous voyions le lendemain, mais tout était déjà décidé. Et aujourd’hui, nous ne nous sommes pas encore vus…"

Passablement agacé par la polémique naissante, Novak Djokovic a lui assuré qu’il était ouvert au dialogue. "Si Rafa et Roger voulaient me parler, ils auraient pu m'approcher", souffle-t-il, avant de couper court, paradoxalement, au débat: "Il est temps pour nous d'envisager un nouveau leadership sur le circuit. Mais je ne m'exprimerai pas sur le bien-fondé de la décision. En tant que président du Conseil, j'ai des responsabilités et notamment celle d'assurer la confidentialité de nos discussions."

Et le "Djoker", dorénavant, de livrer le fond de sa pensée, comme pour annoncer la couleur: "Selon moi, l’organisation actuelle présente un gros défaut: le Board comporte trois représentants des joueurs et trois représentants des tournois, et le président doit souvent trancher. On a trop souvent affaire à des conflits d'intérêts. La position du président est souvent intenable. Je crois qu'il faudrait que l'on réfléchisse à la structure même de notre gouvernance." Redoutable et ambitieux, sur et hors du court…