Denis Shapovalov, le petit prince du tennis

Il y a des actes qui peuvent parfois coûter très cher et vous suivre longtemps… Cette phrase aussi banale que pleine de bon sens, Denis Shapovalov en a désormais totalement pris conscience. Il y a tout juste un an, frustré par la tournure d’une rencontre de Coupe Davis qui l’opposait à l’Anglais Edmund, le jeune Canadien avait en effet littéralement pété les plombs.

Après avoir concédé un énième break, il avait balancé de rage une balle en pleine tête du malheureux Arnaud Gabas, l’arbitre tricolore du match, qui était reparti avec un bel œil au beurre noir ! Ce geste aussi involontaire qu’irréfléchi avait enflammé le monde de la petite balle jaune tout en faisant le tour de la planète via le net… Mais 365 jours plus tard, la donne a changé et la leçon a (semble-t-il) été bien enregistrée par l’ancien disqualifié.

Le gamin qui bat Nadal à Montréal

Car depuis lors, c’est uniquement pour ses performances sur le terrain qu’on a de nouveau entendu parler du grand espoir nord-américain. Bénéficiaire d’une wild-card à l’occasion du tournoi de Montréal, « Denis La Malice » y avait crevé l’écran en battant d’abord Juan Martin Del Potro avant de terrasser Rafael Nadal au terme d’un match tout bonnement phénoménal pour se hisser jusqu’en demi-finale.

Sur sa lancée, la pépite d’outre-Atlantique avait poursuivi son opération-rédemption en enchainant six victoires de rang à l’US Open, sortant d’abord des qualifications pour finalement atteindre pour la première fois de sa jeune carrière les huitièmes de finale en Grand Chelem, où il buta in fine sur Carreno-Busta, non sans avoir étrillé Kyle Edmund, Daniil Medvedev et Jo-Wilfried Tsonga.

Vainqueur de Wimbledon juniors en 2016

Revenu dans la lumière de la plus belle des manières, le grand public a alors découvert ce tennisman fantasque, offensif et doué à souhait. Né en Israël de parents russes, Shapovalov n’a que neuf mois quand sa famille débarque au Canada en l’an 2000. C’est là, à Vaughan, dans la banlieue-nord de  Toronto et sous l’égide de sa maman prof de tennis (ancienne 300e joueuse mondiale), que le petit blondinet fait ses premières gammes.

Et ce, jusqu’en 2016, où tout s’accélère brusquement : après un stage auprès de Gunther Bresnik, Denis respire pour la toute première fois l’air du grand tennis en s’entrainant notamment aux côtés de Dominic Thiem. Vainqueur de Wimbledon juniors, Shapovalov passe alors sous la tutelle de Martin Laurendeau (à l’époque également capitaine de l’équipe canadienne de Coupe Davis). Et en quelques mois, le prodige saute de la 250e place au Top 50 mondial !

Un véritable diamant brut

Techniquement complet, pourvu d’un style de jeu panaché et résolument tourné vers l’attaque, le garçon à la crinière doré ne demande qu’à progresser encore et encore. Pas avare d’efforts à l’entrainement, selon les dires de ses coaches successifs, ce fan de Roger Federer n’a d’autre ambition que de devenir un jour le meilleur joueur du monde. Fort de ses succès face à des top-players du calibre de JMDP, JWT ou Rafa, le teenager élevé au sirop d’érable a déjà prouvé ce dont il était capable.

Reste à canaliser la pression pour exploiter à 100% un potentiel énorme mais encore parfois un peu trop brouillon, à l’instar de sa fin de match complètement raté face à Tsonga lors du dernier OA... Un an (jour pour jour) après avoir failli ruiner une carrière qui n’avait pas encore vraiment commencé, Denis a déjà réalisé de gros progrès dans sa tête. La suite, il l’a dans sa raquette.

Lionel Ladenburger (@LionelLaden)
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