Dopage : Claude-Boxberger devra verser des dommages et intérêts à Flaccus


De toutes les raisons avancées par les sportifs contrôles positifs à un produit interdit pour se justifier, c’était l’une des plus rocambolesques. Il y a deux ans, la fondeuse Ophélie Claude-Boxberger avait été contrôlée positive à l’EPO, et Alain Flaccus, qui était alors le compagnon de sa mère et qui l’assistait dans sa préparation, avait avoué lui avoir inoculé le produit alors qu’elle était assoupie durant un massage à Font-Romeu, par jalousie envers le médecin de l’équipe de France Jean-Michel Serra, compagnon de la spécialiste du 3000m steeple. L'athlète avait alors porté plainte. Mais en juin 2020, il était revenu sur ses aveux, affirmant qu’il s’était accusé pour sauver la carrière de la Franc-Comtoise (qui fêtera ses 33 ans le mois prochain), suspendue deux ans. Quatre mois plus tard, « OCB » portait plainte contre Flaccus pour « viol aggravé » pour des faits survenus quand elle était mineure. Une affaire qui n'a pas encore été jugée.

Claude-Boxberger suspendue jusqu'en novembre, au mieux


Ce jeudi au tribunal de Montbéliard, en présence de l’athlète mais en l’absence de Flaccus, c’est cette affaire de vrai-faux empoisonnement (« atteinte à l'intégrité physique par administration de substances nuisibles » selon les termes judiciaires) qui était jugée. Après près de 2h30 de prise de parole des avocats des deux parties, d’Ophélie Claude-Boxberger, de sa mère et de son compagnon médecin, le verdict a été rendu, et Alain Flaccus a été relaxé. Par ailleurs, l’athlète a été condamnée à lui verser 3 500 euros de dommages et intérêts (2000 pour le préjudice moral et 1500 de frais de justice), et elle n’a pu retenir ses larmes, selon L’Est Républicain, présent au tribunal. « Je ne sais pas encore si je ferai appel de la décision ou non. Je dois en discuter avec mon avocate », a réagi la fondeuse. Officiellement suspendue jusqu'en novembre 2021, Ophélie Claude-Boxberger avait vu l'Agence française de lutte contre le dopage faire appel de la décision en avril dernier, ne la jugeant pas assez sévère. L'AFLD a fait appel auprès du Conseil d'Etat, qui n'a pas encore rendu sa décision. "J'ai couru plus de 20km par jour dans la montagne sans objectif de performance ni d'échéance je me sens mieux car j'ai retrouvé le plaisir de courir tout simplement et c'est bien là l'essentiel", écrivait l'athlète sur sa page Facebook au début du mois. Sa carrière reste néanmoins en suspens.

>