Guendouzi, talentueux milieu, chanceux Bleu

AFP

Passé de la Ligue 2 à Arsenal en quelques jours, le milieu vit la même chose chez les Bleus, où son aisance surprend même s'il n'a été appelé qu'en remplacement de nombreux blessés.

C'est en pleine sieste, lundi dans le bâtiment de Clairefontaine réservé à l'équipe Espoirs dont il faisait partie, que le joueur de 20 ans a appris sa promotion chez les grands Bleus après le forfait de dernière minute de Paul Pogba.

"Je croyais que j'étais encore dans un rêve", raconte ce grand bonhomme à la longue tignasse bouclée, dans une vidéo postée par la Fédération. Un rêve bleu assez inattendu pour le natif des Yvelines, formé au Paris SG et qui, il y a seulement deux ans, venait de descendre en Ligue 2 avec Lorient où il n'avait disputé qu'une poignée de matchs.

Cette ascension précoce aux côtés de ses aînés doit au talent, bien sûr, d'un joueur régulièrement titulaire à Londres sous les ordres d'Unai Emery.

Elle doit sans doute plus encore à un alignement des étoiles: l'absence sur blessure de Pogba, N'Golo Kanté, Tanguy Ndombélé, et celle in extremis d'Houssem Aouar, l'autre milieu relayeur des Espoirs qui aurait pu aussi viser la promotion, ont accéléré le franchissement de palier du gamin. 

                  
Une opportunité  

         
     
"Au moins, lui, j'étais sûr qu'il était pas loin, les autres je ne sais pas où ils sont", a lancé, sur le ton de la blague, Didier Deschamps sur le plateau de France Inter mardi. 

Certes, le sélectionneur ne l'a "pas pris pour ça", car comme il l'a répété plusieurs fois cette semaine, il "n'est pas là pour faire des cadeaux". Mais l'opportunité est belle pour le milieu défensif ou relayeur, qui a déjà du vécu lorsqu'il a fallu s'adapter à vitesse grand V à l'échelon supérieur.

A l'été 2018, vendu par Lorient aux Gunners pour huit millions d'euros, c'est précisément ce qu'a fait le Franco-Marocain. Sa présaison remarquable lui avait donné l'espoir de "disputer quelques matches", disait-il alors... Il a finalement joué les cinq premières rencontres officielles du club londonien comme titulaire. 

Difficile d'imaginer l'ex-Merlu avoir le même temps de jeu sous les ordres de Deschamps, qui n'a déjà pas caché qu'il considérait Jonathan Ikoné, appelé avant Guendouzi, comme "un +23e+ censé nous apporter un plus". Le boss des Bleus, qui privilégie souvent le vécu et l'expérience, n'est pas du genre à lancer trop vite ses jeunes pousses, qui sont d'abord là pour observer le groupe, et être elle-mêmes observées au sein de celui-ci. 

                  
"Je suis un bon joueur"

  
        
 Cela n'empêche pas le nouveau-venu de nourrir de grands espoirs. "Il ne faut pas oublier que je joue comme titulaire à Arsenal, c'est l'un des plus grands clubs européens. Si je suis arrivé à être titulaire en Premier League, cela montre que je suis un bon joueur", a pointé Guendouzi dans un entretien à l'Equipe, plein d'assurance.

Cette même assurance, ainsi que son élégance ballon au pied et son jeu de passes rythmé, ont d'ailleurs fait leur effet cette semaine à Clairefontaine, notamment dès le premier entraînement collectif où son aisance technique s'est très bien adaptée à un exercice d'opposition sur terrain réduit.

"Il m'a beaucoup surpris et je pense qu'il a énormément d'avenir. Le peu de matches que j'ai suivi, il m'a toujours impressionné. Et puis il a la tête sur les épaules et c'est une très grande qualité", l'a salué Blaise Matuidi jeudi, ne tarissant pas d'éloges sur un "joueur qui ne se cache pas sur le terrain".

Un constat partagé à Londres par Emery: "Il a pris confiance, il a pris le rythme de la Premier League, il a appris à connaître ce Championnat. Cette saison, on sent qu'il a franchi un cap. Il est la clé pour bien combiner au milieu", l'a félicité le technicien espagnol dimanche, après une grosse performance contre Tottenham (2-2). Deschamps aura-t-il la même analyse ?