Ben Yedder, ambition "sans limite"

"Profil différent", remplaçant "décisif" en Bleu et buteur hors pair à Monaco, Wissam Ben Yedder s'installe enfin, à 29 ans, dans le paysage de l'équipe de France, avec qui il rêve de disputer son premier grand tournoi à l'Euro-2020 malgré la forte concurrence.

La décision prise par l'attaquant de quitter l'été dernier le Séville FC après une saison énorme à 30 buts en 54 matches toutes compétitions confondues, pour le décevant 17e du dernier Championnat de France, était osée. 

En trois mois, "WBY" a prouvé que le défi valait le coup: co-meilleur buteur de Ligue 1 avec neuf réalisations (comme le Lyonnais Moussa Dembélé), rappelé par Deschamps continuellement depuis juin, décisif en septembre avec l'équipe championne du monde, le Monégasque compile les éloges en club comme en sélection.

Ben Yedder en L1 cette saison, c'est un but toutes les 93 minutes, un but toutes les 58 minutes à domicile. Soit 7 en 407 minutes, sur 14 frappes cadrées et un total de 18 tentées. Des statistiques dignes des années toulousaines qui ont révélé les qualités de ce petit gabarit (1,70 m) issu du futsal. 

"La finesse technique doublée d'un très grand sens du but", synthétise son entraîneur Leonardo Jardim.

                  
"Efficacité devant le but" 


Le sélectionneur des Bleus apprécie chez Ben Yedder les mêmes atouts:

 "Il suffit de regarder ce qu'il a fait la saison dernière avec son club de Séville. Et il continue de le démontrer avec Monaco, il a prouvé son efficacité devant le but", s'est-il justifié jeudi à l'annonce de la liste, où sa présence n'a étonné personne.

Car depuis le mois de juin, l'avant-centre appelé pour la première fois en mars 2018 n'a manqué aucun rassemblement. Mieux: il a eu du temps de jeu sur six des sept derniers matches des Bleus, en profitant pour marquer ses deux premiers buts. Il a été titularisé à Andorre en juin (4-0), puis contre la Turquie (1-1) en octobre, quelques jours après une entrée réussie en Islande (1-0).

Face au manque de rythme d'Olivier Giroud, jusqu'à présent titulaire indiscutable, Ben Yedder s'impose comme la doublure N.1. Deschamps vante d'ailleurs régulièrement l'apport du joueur lorsque qu'il sort du banc.

"Wissam a cette capacité-là. C'est intéressant pour pouvoir inverser un résultat, c'est un plus qu'on n'a pas eu tout le temps", développe le boss des Bleus, évoquant un ancien "talon d'Achille" que Ben Yedder, entre autres, contribue à effacer. "Ce qui ne l'empêche pas de pouvoir débuter un match", dixit le sélectionneur.

Un discours rassurant après une dernière sortie décevante: face aux Turcs, l'ex-Sévillan n'a guère pesé et c'est son concurrent Giroud qui a marqué l'unique but tricolore, quatre minutes après son entrée en jeu.

"Je ne lui ai pas fait un cadeau, c'est clair", estime Deschamps. "Entre le Stade de France, un match décisif, la Turquie, il y a une part émotionnelle importante qui a pu le conditionner. Mais ça n'enlève rien à ce qu'il a fait jusque là".


                  
"Un passionné" 

                  
Et cela ne lui est pas resté longtemps sur la conscience. Quelques jours plus tard, il signe son retour en club d'un doublé contre Rennes (3-2) avant d'inscrire dans la foulée le but libérateur à Nantes (1-0).

"Je n'ai pas de limite, j'essaie toujours de faire plus et de continuer à marquer", s'expliquait-il alors.

"Pas de limite": le slogan revient souvent sur la table avec le natif de Sarcelles (Val-d'Oise), trop loin dans la hiérarchie en 2018 pour participer au Mondial, et encore pas assez expérimenté deux ans plus tôt pour disputer l'Euro en France. 

"Un passionné rêve de réaliser ses rêves. Je suis un passionné. Ça veut dire que plus j'avance, plus je me découvre des ambitions. Donc je n'ai pas de limites", glissait-il en octobre dans un entretien à l'Equipe. "J'ai toujours eu confiance en moi, et je sais qu'un jour ou l'autre je peux aussi avoir ma place en tant que N.1", poursuivait-il auprès de RMC.

Il lui reste sept mois pour y parvenir d'ici l'Euro.