Tour de France: Alaphilippe à l'épreuve des Alpes

AFP

Très fatigué, au bord de l'épuisement, à la sortie des Pyrénées, "Alaf" espère s'être refait une santé pendant les trois journées qui ont servi d'intermède, malgré la chaleur, au Tour.

"Je suis prêt pour recevoir des coups dans les Alpes", a souri le Français. "Je suis fatigué comme tous les autres, j'essaye de récupérer au maximum, de canaliser mon énergie, de me détacher de tout ce qui se passe actuellement, car c'est incroyable".

Gardera-t-il son avance, au moins en partie, sur les pentes de l'Izoard et surtout du Galibier ? Ses adversaires prendront-ils le risque de lancer tôt la bataille ? Pour le numéro un mondial, tout dépendra de son degré de récupération après treize journées en jaune, un record pour un Français depuis Bernard Hinault.

Son avance, plus d'une minute et demie sur le Britannique Geraint Thomas, lui octroie une marge de sécurité. "C'est beaucoup et peu à la fois", répète cependant Alaphilippe, conscient que tout peut s'effondrer à n'importe quel moment lors des sept grandes ascensions (1re ou hors catégorie) restant au programme jusqu'à samedi et l'arrivée à Val Thorens.
                  
Trentin en solo                 
                  
Derrière lui, Thomas, le vainqueur sortant, mise sur la régularité et la constance. Son équipe dispose d'un autre atout majeur, le jeune colombien Egan Bernal (22 ans), à quelques secondes seulement de leurs deux autres adversaires, le Néerlandais Steven Kruijswijk et le Français Thibaut Pinot, qui s'est montré le plus fort dans les Pyrénées.

"C'est mieux d'avoir deux cartes à jouer", souligne Bernal. "Nous verrons ce que Pinot et Alaphilippe feront, ce seront les deux garçons à suivre. Si je dois rouler pour Geraint, je le ferai".

Tous ont passé "une journée relativement tranquille, qui fait du bien", selon les mots d'Alaphilippe. "Il y avait une grosse échappée (33 coureurs) mais sans coureurs dangereux au classement. On a essayé de se mettre en mode économie, pour passer la journée dans les meilleures conditions possibles".

L'échappée s'est transformée pour finir en un solo de Trentin. Le champion d'Europe a réalisé un beau numéro pour enlever son troisième succès d'étape dans le Tour (après 2013 et 2014), le quatrième pour l'équipe australienne Mitchelon depuis le départ.

Eentraîné à ses débuts par le coach de Vincenzo Nibali (Paolo Slongo), Trentin a pris la suite du Sud-Africain Daryl Impey (vainqueur à Brioude) et du Britannique Simon Yates (à Bagnères-de-Bigorre et à Foix). Sa formation, qui s'est rabattue sur les étapes après la défaillance d'Adam Yates, fait carton plein.

Trentin a distancé ses compagnons d'échappée à 14 kilomètres de l'arrivée, avant la montée du petit col de la Sentinelle. Il a préservé une trentaine de secondes d'avance sur le Danois Kasper Asgreen, un néophyte prometteur (24 ans) qui s'est beaucoup dépensé dans ce Tour pour le compte d'Alaphilippe.
                  
Le Galibier bonifié                  
                  
La chaleur, moins omniprésente que la veille, a même laissé place à une grosse averse pendant l'étape.
"On avait prévu beaucoup de bidons", a raconté le vainqueur du jour. "On a mis de la glace dans le casque, les socquettes, pour garder la température du corps aussi basse que possible. Quand on a gagné en altitude et surtout après l'averse, on s'est senti beaucoup mieux".

A l'avant, le groupe de 33 coureurs formé dès la première demi-heure de course après un début d'étape tambour battant (55,6 km/h dans la première demi-heure !), s'est fractionné au seuil des 30 derniers kilomètres. Trentin a provoqué la sélection en deux temps avant de distancer ses compagnons.

Jeudi, la 18e étape, longue de 208 kilomètres, enchaîne trois grands cols (Vars, Izoard, Galibier) entre Embrun et Valloire. Le sommet du Galibier, l'un des géants alpestres au sommet duquel seront allouées des bonifications (8, 5 et 2 sec aux trois premiers), précède la descente de 19 kilomètres jusqu'à Valloire.

"Je n'ai pas autre chose à faire que donner le maximum", a redit Alaphilippe, qui avait fait l'impasse la veille sur les interviews. Devant les nombreux médias, le maillot jaune a assuré: "J'essaye de faire tout bien pour ne pas avoir de regrets. J'ai vraiment hâte."